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Parti socialiste, Les Républicains, Horizons... Quels partis pourraient voter, ou pas, le budget de la Sécu?

BFM Fanny Rocher
Les députés participent à un vote sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 à l'Assemblée nationale, à Paris, le 5 décembre 2025.

Les députés participent à un vote sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 à l'Assemblée nationale, à Paris, le 5 décembre 2025. - Photo par IAN LANGSDON / AFP

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Les députés doivent voter ce mardi 9 décembre sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, menacé de rejet par les refus des Républicains et du parti Horizons de le soutenir. Au contraire, le Parti socialiste a appelé son groupe à soutenir le texte.

À la veille d'un scrutin qui s'annonce extrêmement serré sur la nouvelle lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), le Parti socialiste a appelé ses députés à voter mardi 9 décembre en faveur du texte de "compromis", vivement menacé de rejet. Le soutien du Parti socialiste suffira-t-il à sauver Sébastien Lecornu?

Si le texte n'est pas adopté, le gouvernement a maintes fois averti que le déficit de la Sécu plongerait autour des 30 milliards d'euros en 2026, contre 23 en 2025. BFMTV fait le point sur les consignes de vote données par les chefs de groupe à l'Assemblée.

• Ceux qui vont voter pour: Renaissance, le Modem et Parti socialiste

Sans surprise, le parti dirigé par Gabriel Attal et celui de François Bayrou, issus de la coalition présidentielle, vont majoritairement se prononcer en faveur du texte, porté par le gouvernement.

Pour l'exécutif, l'heure est grave. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a mis d'ores et déjà en garde sur France 3 contre une "crise politique", "économique" et "sociale" en cas de rejet du PLFSS.

Les députés Renaissance et Modem seront rejoints dans leur vote par une partie des députés socialistes, exhortés par leur patron Olivier Faure de voter pour ce budget "de compromis". "Quand nous sommes entrés dans le débat, nous étions absolument contre ce projet de budget (...)" et puis "il y a eu une série d'avancées", a justifié le socialiste sur BFMTV/RMC.

"Le Premier ministre s'est engagé (sur la suspension de la réforme des retraites), il s'est montré fiable dans toute la discussion. Je souhaite que nous puissions à notre tour être fiables et faire en sorte que ce budget soit adopté", a-t-il expliqué.

Réagissant sur France Inter à l'annonce du socialiste, Gabriel Attal, le patron des députés Renaissance, s'est réjoui que "le travail (parlementaire) (ait) permis de dégager des compromis".

• Ceux qui vont voter contre: Horizons, Les Républicains, La France insoumise, le Rassemblement national

Ce soutien du Parti socialiste a pris désormais une importance cruciale, notamment avec le refus du patron d'Horizons, l'ex-Premier ministre Édouard Philippe, pourtant dans la coalition présidentielle, de soutenir ce budget.

En l'état, "on ne peut pas voter pour", avait jugé Édouard Philippe la semaine dernière, alors que le président du groupe à l'Assemblée Paul Christophe avait expliqué que les députés oscillaient entre "l'abstention et un vote défavorable". Le parti s'est déjà divisé, vendredi 5 décembre, sur le vote de la partie "recettes" du PLFSS. Sur les 34 membres du groupe parlementaire, quatre ont voté pour et 15 se sont abstenus.

Un ancien poids lourd du gouvernement, le patron des Républicains Bruno Retailleau, a également appelé ses députés à ne pas soutenir le texte, dénonçant sur BFMTV un "hold-up fiscal" et "social". "Je vais m'abstenir, comme d'ailleurs un grand nombre de parlementaires LR", a confirmé sur TF1 l'ancien Premier ministre Michel Barnier.

Pour Édouard Philippe et Bruno Retailleau, qui ont 2027 en ligne de mire, Sébastien Lecornu a fait trop de concessions à Olivier Faure.

Quant au Rassemblement national, l'ensemble de ses députés voteront très probablement contre le texte. "À la fin, on votera forcément contre puisqu'on a voté contre les recettes. Il faut être cohérent (...) à partir du moment où on est contre les hausses d'impôts, on ne peut pas après dire qu'on est pour", a expliqué dimanche le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy, appelant à la démission de Sébastien Lecornu en cas de rejet du texte.

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Enfin, La France insoumise votera également contre, et l'annonce du Parti socialiste a fait bondir le parti de Jean-Luc Mélenchon. Le coordinateur national Manuel Bompard a vivement fustigé "le changement d'alliance du Parti socialiste" qui valide "six milliards d'euros d'économie sur la santé, une hausse du prix des mutuelles de 1 milliard d'euros, une limitation à un mois des arrêts de travail..."

• Ceux qui ne sont pas décidés: les Écologistes, le Parti communiste, Liot

Si l'on suit les consignes annoncées pour l'instant par les groupes - qui ne seront probablement pas respectées à l'unanimité au sein de chaque formation -, le vote pour (Renaissance, Modem, PS) regroupe sur le papier quelque 196 voix face à 210 voix contre (LFI, RN-UDR).

Les voix des écologistes, des communistes, du petit groupe Liot ou même des non-inscrits pourraient donc s'avérer cruciales.

Du côté des Écologistes, qui ont voté contre la partie recettes du budget vendredi, aucune consigne claire n'a été donnée. Disant savoir que leur vote est "déterminant", Cyrielle Chatelain, la cheffe des députés écologistes à l'Assemblée, a déclaré vendredi refuser "d'auto-intégrer un espèce de 49.3 silencieux qui reviendrait à dire: 'c'est soit pas de budget, soit notre budget'. Nous on leur dit: évoluez sur le contenu du PLFSS".

Pour tenter de sécuriser leur vote, le gouvernement a prévu de déposer mardi un dernier amendement pour augmenter l'objectif des dépenses de l'assurance-maladie de 3% au lieu de 2%. Si cet amendement est adopté, "ça sera un des éléments importants dans notre décision" sur l'ensemble du texte, a fait valoir dimanche Cyrielle Chatelain.