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"Notre géniteur a donné des années 1970 aux années 1990": née d'un don de sperme, elle découvre qu'elle a au moins 160 frères et sœurs

BFM Alizé Boissin avec Alixan Lavorel
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Jeanne découvre à l'âge de 30 ans que son géniteur a réalisé de nombreux dons de sperme pendant 20 ans, permettant la naissance d'environ 160 enfants. Elle est aujourd'hui à la recherche de toute sa fratrie qu'elle a déjà commencé à rencontrer.

"Mon papa était roux, aux yeux bleus, la peau très blanche. Et ma maman était brune avec les yeux noirs. Je pense que dès l'âge de huit, neuf ans, je me suis dit 'il y a quelque chose qui ne va pas'". Dans les albums photo de famille, Jeanne (*) a toujours perçu les différences physiques entre elle et ses parents.

Mais c'est à l'âge de 30 ans qu'un membre de sa famille lui apprend la vérité: son père n'est en fait pas son géniteur. Une révélation qui suscite un choc dans la vie de cette enseignante.

"Je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas d'où je viens, je ne sais pas à qui je ressemble et ça me posait énormément de problèmes", confie cette dernière à BFMTV.
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"Je pense qu'on est plus nombreux que ça"

Pour en savoir plus sur ses origines, Jeanne achète un test génétique. Elle fait alors une autre découverte: elle n'est pas la seule à partager cet ADN.

"Dans les heures qui suivent, je vois le premier visage d'une de mes demi-sœurs. Et là, je me dis, 'oui, j'ai attendu ça pendant des années et j'ai enfin une réponse à ma question'. Quand je la regarde, je me vois. J'ai l'impression de voir ma petite sœur. C'est flagrant", raconte-t-elle.

Jeanne apprend que le donneur de sperme est un médecin et qu'il raconte aider son ami gynécologue en faisant des dons. Ils sont cependant non réglementés et excessifs. "On a calculé à peu près 160 (frères et sœurs, NDLR), mais moi je pense qu'on est plus nombreux que ça", ajoute l'enseignante.

Jeanne poursuit alors ses recherches et retrouve la trace de 16 demi-sœurs, avant de lancer un appel à témoins pour retrouver ses 143 autres demi-frères et demi-sœurs qui vivraient tous dans la région toulousaine. "Il faut savoir que notre géniteur, il a donné des années 1970 aux années 1990, tous les dix jours", détaille-t-elle au micro de BFMTV.

Il y a quelques semaines, Jeanne a rencontré une autre de ses demi-sœurs. "Dès que je l'ai croisée, on avait toutes les deux les larmes aux yeux, on s'est pris dans les bras. Je ne sais pas comment l'expliquer, c'est quelque chose de l'ordre de la génétique". Une expérience qu'elle espère renouveler avec le reste de sa fratrie.

(*) Le prénom a été modifié