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"Des discours incitants à la discrimination": LFI saisit la justice après un sondage Ifop sur l'islam en France

BFM I.H avec AFP
Le fondateur de La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, et les députés Manuel Bompard et Mathilde Panot lèvent le poing sur la scène des "Amfis 2024", à Châteauneuf-sur-Isere, dans le sud-est de la France, le 23 août 2024.

Le fondateur de La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, et les députés Manuel Bompard et Mathilde Panot lèvent le poing sur la scène des "Amfis 2024", à Châteauneuf-sur-Isere, dans le sud-est de la France, le 23 août 2024. - Emmanuel DUNAND / AFP

La publication d'un sondage de l'institut Ifop, intitulé "État des lieux du rapport à l’islam et à l’islamisme des musulmans de France" a suscité de vives polémiques. Des associations du culte musulman avaient par ailleurs porté plainte, dénonçant un manque d'objectivité.

Les députés de La France insoumise ont saisi ce vendredi 5 décembre la justice après la publication d'un sondage Ifop sur l'islam en France qui a, selon eux, "servi de support à des discours incitants à la discrimination, à la haine ou à la violence", ont-ils annoncé sur X.

Les députés signalent en outre que plusieurs médias ont documenté "l'existence de liens étroits entre le commanditaire de ce sondage, la revue confidentielle Écran de veille, et les services de renseignement des Émirats arabes unis", ce qui serait susceptibles de participer "d'une opération d'influence d'une puissance étrangère sur notre sol" affirment-ils dans leur courrier adressé à la procureure de Paris.

Les députés insoumis, dont deux d'entre eux font l'objet d'une plainte de l'Ifop pour avoir dénigré cette enquête publiée le 18 novembre, ont saisi la procureure au titre de l'article 40 du code de procédure pénale.

"Une méthodologie très contestable"

Ils expliquent que ce sondage Ifop est "fondé sur une méthodologie très contestable, faisant l'objet de nombreuses remises en cause scientifique", et a contribué à "une série d'amalgames et de confusion entre islam et islamisme d'une part, musulmans, islamistes et terroristes d'autre part".

Ce sondage avait provoqué de vives réactions dès sa publication. L'extrême droite y a vu un signe d'"islamisation", tandis que des représentants de la communauté musulmane ont déploré "une stigmatisation". Quatre conseils départementaux du culte musulman (CDCM) ont même déposé plainte contre X auprès du tribunal judiciaire de Paris.

L'Ifop avait alors dénoncé une manoeuvre pour "remettre en cause la fiabilité de notre enquête sur la base de considérations erronées".

Les députés LFI soulignent que "depuis sa parution, plusieurs actes islamophobes ont été rapportés", citant une mosquée vandalisée en Haute-Loire, une autre profanée à Lyon et une balle retrouvée dans la boite aux lettres d'une troisième dans l'Ain.

Un sondage incitant "à la haine ou à la violence"

Ce sondage a "servi de support à des discours incitants à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'encontre de millions de nos compatriotes en raison de leur religion réelle ou supposée", déplorent-ils.

Les députés pointent également le commanditaire de cette enquête, le media Écran de veille, dont Mediapart et Le Monde ont mis en évidence les liens avec les Émirats arabes unis, via son fondateur et rédacteur en chef Atmane Tazaghart.

"Il n'y a pas de financement étranger. Le procureur fera son travail. Nous n'avons rien à nous reprocher. Nous avons financé l'étude avec nos revenus", a précisé à l'AFP Atmane Tazaghart.