BFM

"Le poison de la haine": plusieurs conseils du culte musulman déposent plainte après le sondage sur "l'islamisme des musulmans de France"

BFM Lucie Valais , Journaliste BFMTV
Un homme priant à la mosquée An-Nour au premier jour du Ramadan à Mulhouse (Haut-Rhin), le 22 août 2009.

Un homme priant à la mosquée An-Nour au premier jour du Ramadan à Mulhouse (Haut-Rhin), le 22 août 2009. - Photo par SEBASTIEN BOZON / AFP

Une enquête Ifop, commandée par la revue Écran de veille, a largement fait parler et suscité de vives réactions, notamment à l'extrême droite. Une plainte a été déposée par plusieurs conseils du culte musulman.

Une enquête accusée de "distiller le poison de la haine" et de "renforcer les amalgames". Plusieurs conseils du culte musulman annoncent dans un communiqué de presse avoir porté plainte contre X après la publication d'un sondage de l'institut IFOP intitulé "État des lieux du rapport à l’islam et à l’islamisme des musulmans de France", et paru le 18 novembre dernier.

Cette étude, commandée par la revue - méconnue - Écran de veille, montre une "réislamisation" de la population musulmane en augmentation et notamment des plus jeunes, qui adoptent, selon le sondage, une version plus radicale de leur religion, notamment en termes de prières, de ramadan et de port du voile.

"Insulte aux musulmans de France"

Selon la plainte déposée par les Conseils départementaux du culte musulman du Loiret, de l'Aube et des Bouches-du-Rhône, "ce sondage viole le principe d'objectivité posé par la loi du 19 juillet 1977 relative à la publication et la diffusion des sondages d’opinion, se fonde sur des questions orientées et se focalise sur des résultats minoritaires mis en avant à des fins polémiques."

Qualifiant la revue commanditaire d'"officine nébuleuse et réactionnaire", les avocats Raphaël Kempf et Romain Ruiz ajoutent qu'"en distillant le poison de la haine dans l’espace public, ce sondage renforce les amalgames dans un contexte où les chiffres du ministère de l’Intérieur montrent une explosion des actes anti-musulmans, en hausse de 75 % par rapport à l’année 2024".

Et de conclure: "ce sondage repris par plusieurs médias d’extrême droite est une insulte aux musulmans de France et une injure aux valeurs d’égalité et de fraternité promues par notre République."