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Semaine de cinq jours, cours à partir de 9h: quel est le rythme scolaire idéal pour les enfants?

BFM Céline Hussonnois-Alaya , Journaliste BFMTV
Des trousses d'écoliers dans une salle de classe de l'école primaire du groupe Marie de Gournay à Toulouse (Haute-Garonne), le 1er septembre 2025 (photo d'illustration)

Des trousses d'écoliers dans une salle de classe de l'école primaire du groupe Marie de Gournay à Toulouse (Haute-Garonne), le 1er septembre 2025 (photo d'illustration) - Photo par ADRIEN NOWAK / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

La Convention citoyenne a formulé plusieurs propositions pour les élèves de l'élémentaire au lycée. Mais en matière de rythme scolaire, de quoi ont vraiment besoin les enfants?

La Convention citoyenne a adopté dimanche 20 propositions pour remettre l'enfant au cœur de la société. Parmi celles-ci, plusieurs d'entre elles portent sur les rythmes scolaires.

Car aujourd'hui, "l'organisation des temps n'est pas construite pour les enfants, mais en fonction des contraintes professionnelles, des parents et des besoins économiques", a résumé Kenza Occansey, le vice-président du Conseil économique, social et environnemental.

Des propositions qui ne manqueront pas de susciter le débat alors que la réforme des rythmes scolaires de 2013-2014, qui avait relevé la semaine de quatre jours à quatre jours et demi, a été abandonnée quatre ans plus tard dans la plupart des écoles. Aujourd'hui 90% des communes fonctionnent sur quatre jours.

Pourtant, la Convention citoyenne propose d'y revenir et va même plus loin. Elle préconise en effet une semaine de cinq jours pleins obligatoires dès l'école élémentaire. Une proposition qui fait parfaitement sens, estime pour BFMTV Stéphanie Mazza, professeure de neuropsychologie à l'université Lyon 1.

Le mercredi, une "rupture"

"Du point de vue des neurosciences, on sait que c'est la régularité des apprentissages qui importe. Une semaine de cinq jours a donc un impact tout à fait favorable." "C'est une vraie plus-value", appuie Stéphanie Mazza.

Le mercredi sans école crée ainsi une "rupture", pointe auprès de BFMTV Claire Leconte, professeure émérite de psychologie de l'éducation. "Comme ils n'ont pas école le mercredi, les enfants se couchent plus tard le mardi soir. Ils se lèvent donc plus tard le mercredi matin et ils sont décalés le jeudi et le vendredi." Or, rappelle-t-elle, les enfants ont besoin de régularité, notamment de se coucher tous les jours à la même heure, "que ce soit en semaine, le week-end ou pendant les vacances".

"Le mercredi chômé est une coupure. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, la coupure du mercredi n'est pas avantageuse pour les enfants."

Sans compter les inégalités sociales qui peuvent se créer entre les familles qui ont les moyens d'accompagner les enfants le mercredi et celles qui ne les ont pas.

Un pic de vigilance dans la matinée

Si la Convention recommande cinq journées pleines et obligatoires d'école, les deux chronobiologistes considèrent pour leur part que ce sont surtout les cinq matinées qui importent. "Qu'il s'agisse de quatre jours et demi ou de cinq jours avec un après-midi allégé, le plus important, ce sont les matinées", insiste Stéphanie Mazza, également membre du conseil scientifique de l'éducation nationale.

"Le pic de vigilance des écoliers, c'est dans la matinée. C'est le meilleur moment pour les apprentissages nouveaux ou complexes."

La Convention propose également de réserver les apprentissages pratiques l'après-midi.

"L'important est d'aborder tout ce qui n'a pas encore été automatisé le matin. Mais on peut tout à fait faire des exercices de mathématiques l'après-midi s'il s'agit d'une reprise d'éléments déjà maîtrisés", insiste Stéphanie Mazza, rappelant que "la vigilance chute dans l'après-midi."

Rythme scolaire et rythme biologique

Claire Leconte recommande même d'allonger les matinées dans le premier degré. "Le rythme trois heures de classe le matin, trois heures l'après-midi est une convention qui date du XVIe siècle. En réalité, on peut tout à fait allonger la matinée à trois heures quarante-cinq minutes", assure cette spécialiste des rythmes biologiques de l'enfant et de l'adolescent.

Ce qu'elle a d'ailleurs mis en place dans une centaine d'écoles lors de la précédente réforme des rythmes scolaires. Une initiative qui a été couronnée de succès, affirme-t-elle. "Mais cela doit s'accompagner d'une alternance. Par exemple: mathématiques, arts plastiques, français; ou alors français, musique, découverte du monde. Ça fonctionne très bien et les enfants sont beaucoup plus concentrés."

En ce qui concerne le second degré, la Convention citoyenne propose de reporter le début des cours à 9 heures. Une évidence, estime la chronobiologiste Claire Leconte. "Beaucoup de collégiens et lycéens prennent le bus à 7 heures, ce qui leur impose de se lever à 6 heures. Certains n'ont même pas le temps de prendre un petit-déjeuner."

Stéphanie Mazza est du même avis. "Du point de vue cognitif, les adolescents se mettent en route un peu plus tard. Et c'est normal: leur sommeil et leur vigilance sont décalés. Ils sont donc moins prêts aux apprentissages tôt le matin."

"Il n'est pas question d'en faire des flemmards", ajoute-t-elle. "Il s'agit avant tout de mettre en adéquation le rythme scolaire avec le rythme biologique des adolescents. Et c'est aussi une question de santé mentale. Cela va au-delà des apprentissages."