Cours de 45 minutes, cinq jours d'école: les propositions de la convention citoyenne sur le temps de l'enfant

"Comment mieux structurer les différents temps de la vie quotidienne des enfants afin qu’ils soient plus favorables à leurs apprentissages, à leur développement et à leur santé ?" C'est à cette question qu'ont tenté de répondre 130 personnes, dans le cadre de la Convention citoyenne dédiée au temps de l'enfant pendant cinq mois.
Réunis régulièrement depuis juin au Conseil économique, social et environnemental (Cese) les 130 citoyens doivent formellement adopter ce dimanche 23 novembre, lors d'une ultime séance, les vingt propositions contenues dans leur rapport finalisé samedi, obtenu par l'AFP et BFMTV.
Le premier constat de ces 133 femmes et hommes âgés de 19 à 83 ans, sélectionnés pour refléter la diversité de la population (milieu urbain, rural, régions, etc) puis tirés au sort, est qu'"aujourd'hui, l'organisation des temps n'est pas construite pour les enfants, mais en fonction des contraintes professionnelles, des parents et des besoins économiques", selon Kenza Occansey, vice-président du Cese et organisateur de la convention.
Deux zones pour les vacances de février et Pâques
Un tiers des citoyens souhaitaient raccourcir les vacances, pour alléger les journées de classe. Mais la majorité a opté pour le maintien des seize semaines actuelles (huit l'été et huit en petites vacances).
Recommandation qui devrait faire réagir, notamment les professionnels du tourisme: les citoyens préconisent toutefois de regrouper les vacances de février et de Pâques sur deux zones au lieu de trois actuellement, avec une semaine commune pour "permettre à tout le territoire d'avoir des vacances en commun en particulier les enfants de familles séparées habitant des zones différentes".
Cette organisation se rapprocherait d'une "alternance de sept semaines de cours, deux semaines de vacances", "préconisée par les chronobiologistes", note le rapport. En lançant la convention en mai, le président Emmanuel Macron soulignait pourtant que "la France a des vacances plus longues que beaucoup de pays".
Une semaine sur "cinq jours pleins obligatoires"
Pour alléger les journées, les citoyens préconisent une semaine sur "cinq jours pleins obligatoires" dès l'école élémentaire, pour mieux étaler les apprentissages. Au nom du "bien être" des enfants, mais aussi en raison d'implications "positives" pour "la majorité des parents".
Le sujet est sensible: la réforme de 2013-2014, qui avait relevé la semaine de quatre jours à quatre jours et demi, fut abandonnée dès 2017 dans la plupart des écoles. Aujourd'hui 90% des communes fonctionnent sur quatre jours.
Condenser les cours sur quatre jours "entraîne des journées trop denses, des irrégularités dans les heures de coucher et de lever qui ont des incidences majeures sur les capacités d'attention et la fatigue des enfants", soulignent les citoyens.
Des activités extrascolaires après 15h30
Ils se sont inspirés des travaux à l'automne d'un panel de vingt adolescents (12-17 ans), dont ils ont retenu l'idée de consacrer les matinées aux cours théoriques et les après-midi aux enseignements plus pratiques. Puis, à partir de 15h30, place aux activités extrascolaires, artistiques, sportives. Et des devoirs allégés.
Au collège et lycée, les cours ne devraient pas commencer avant 9 heures et être limités à 45 minutes, préconisent le rapport.
"Le constat des citoyens, c'est qu'il n'y a pas assez de temps libre de qualité dans la vie des enfants. L'un d'eux disait 'On leur impose un rythme de cadre'", explique Kenza Occansey.
Les citoyens se sont plus concentrés sur les rythmes scolaires que sur le temps passé hors école, mais ont relevé que le temps libre est dévoré par les écrans (5 heures par jour entre 11 et 19 ans). Ils se prononcent pour l'interdiction des réseaux aux moins de 15 ans, comme pour celle des téléphones portables jusqu'au collège.
Reste à savoir quelle suite peut avoir ce rapport, alors que le gouvernement a changé. Il doit être prochainement remis à l'exécutif, puis présenté aux parlementaires en janvier et aux élus locaux pour alimenter les débats aux élections municipales de mars.











