DOCUMENT BFMTV. Interdiction des réseaux sociaux aux mineurs: Emmanuel Macron engage la procédure accélérée pour une loi applicable "dès la rentrée prochaine"

Le gouvernement accélère sur la législation des réseaux sociaux. Un peu plus d'un mois après sa promesse d'une loi pour interdire l'accès aux plateformes pour les enfants de moins de 15 ans, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement "d'engager la procédure accélérée" afin de permettre une application "à la rentrée prochaine".
Selon un document vidéo consulté par BFMTV, le chef de l'État remercie la députée Ensemble pour la République Laure Miller, rapporteure de la Commission d'enquête sur les effets de TikTok, pour sa proposition de loi sur laquelle le gouvernement s'est finalement accordé. "Je voulais te remercier de tout le travail fait avec Anne Le Hénaff et son équipe", déclare-t-il ainsi.
"Ce texte va nous permettre de concrétiser une ambition que nous portons depuis plusieurs années, qui est pour moi très importante et qui fait l'objet d'un engagement fort que j'ai pris auprès des Françaises et des Français", ajoute-t-il.
Un "combat" de longue date
Emmanuel Macron rappelle ainsi son "combat" mené "dès 2018, à l'Unesco" pour la "régulation des plateformes". "Nous avons porté plusieurs initiatives dans le cadre du Forum de Paris sur la Paix, avec le laboratoire de la protection des enfants qu'on a construit dans le cadre du Forum", a-t-il souligné.
"Nous avons aussi porté plusieurs textes de loi ces dernières années pour protéger les enfants et les adolescents face aux écrans, aux portables. Je pense à la loi dite 'Studer', la loi portée par Laurent Marcangeli (visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne, NDLR) et à la loi sur le numérique", énumère-t-il également.
Le président de la République salue ainsi un "texte beaucoup plus simple qui correspond à la promesse faite, c'est-à-dire d'interdire les réseaux sociaux aux mineurs moins de 15 ans" ainsi que "l'interdiction des portables dans nos lycées".
"C'est un message très clair: le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n'est pas à vendre. Leurs émotions ne sont pas à vendre, ni par les plateformes américaines, ni par des algorithmes chinois", a-t-il assuré.
Examen "accéléré" du texte au Parlement à partir de lundi
Ce texte doit être examiné à l'Assemblée nationale ce lundi, en première lecture, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe EPR.
Mais dans l'objectif de permettre son application "dès la rentrée prochaine", Emmanuel Macron dit avoir "demandé au gouvernement d'engager la procédure accélérée". Une procédure signe d'un engagement fort du côté de l'exécutif sur cette problématique.
La proposition de loi de Laure Miller se place dans le sillage de l'Australie, qui est devenue, le 10 décembre dernier, le premier pays à officiellement interdire les réseaux sociaux aux adolescents de moins de 16 ans. Un mois après sa mise en place, le Premier ministre Anthony Albanese annonçait la suppression effective de 4,7 millions de comptes.
"C'est une source de fierté australienne. Pendant les vacances scolaires, les jeunes, au lieu de passer leur temps sur leurs appareils, ont lu des livres, ont échangé avec leurs proches et ont eu des interactions enrichissantes. Cela a également permis aux parents d'avoir l'esprit tranquille, sans s'inquiéter de ce que leurs enfants consultent en ligne", se félicitait-il.












