Enfant tondu par des éducateurs: le gestionnaire du foyer annonce des "mesures disciplinaires"
Tondu et humilié, un enfant placé à l'ASE filmé par ses éducateurs à Paris en février 2025. - BFMTV
L'association Jean Cotxet se dit "profondément choquée". Le gestionnaire du foyer à Paris où un garçon de huit ans a été tondu par ses éducateurs a indiqué à BFMTV regretter "que de tels agissements aient pu avoir lieu au sein de l’équipe éducative de l’un de nos foyers" et entamer des "procédures disciplinaires".
En février dernier, un enfant s'est fait raser la tête, sans son accord, par une éducatrice au sein de son foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE) dans le 13e arrondissement de Paris. La scène a été filmée et partagée sur un groupe WhatsApp des éducateurs de cet établissement.
Auprès de BFMTV, l'association Jean Cotxet, par la voix de son président Patrick Beau, et celle de son directeur général, Lucas Pairaud, a expliqué que la décision de tondre les cheveux du jeune garçon a été prise en raison de "la présence de poux résistante aux traitements".
Le gestionnaire du foyer a assuré que, selon l'équipe éducative, "l'accord de la maman avait été recueilli oralement".
Pas une "sanction"
Plus tôt ce mardi, la mairie de Paris avait, elle, toutefois affirmé que "ni l'accord de l’enfant, ni l’autorisation de sa mère, ni les tentatives infructueuses pour se débarrasser des poux ne sauraient justifier cette pratique humiliante".
En effet, la scène, filmée, a été partagée sur un groupe WhatsApp des éducateurs de cet établissement, dans lequel des moqueries sont proférées. Surtout, les captures d'écran de cette conversation en ligne, dévoilées par France info et consultées par BFMTV, indiquent que ce geste était "une sanction".
De son côté, l'association Jean Cotxet a affirmé que, "en l’état de (ses) informations, le geste tout à fait inapproprié commis à l’égard de l’enfant ne constituait aucunement la sanction d’un comportement qu'il aurait pu avoir".
La mère va porter plainte
En ce qui concerne les mesures prises à la suite de cet acte, le gestionnaire du foyer parisien a indiqué qu'un "courriel à l’équipe éducative concernée" a été envoyé dès le lendemain des faits et que les "obligations professionnelles" ont été "immédiatement et fermement rappelées".
"L’équipe éducative a été largement remaniée", a précisé l'organisme. En revanche, il a ajouté, "au vu des éléments nouveaux", avoir entamé "des procédures disciplinaires afin que ces professionnels ne soient plus en contact avec des enfants hébergés". L'enfant de huit ans est actuellement toujours placé dans ce foyer du 13e arrondissement de la capitale.
De son côté, l’avocat de la mère de famille a confirmé à BFMTV l’information de Libération selon laquelle la mère du garçon va porter plainte. "Après la tempête médiatique d’aujourd’hui et les différentes versions données par les acteurs de cette affaire, elle souhaite porter plainte par elle-même, que sa version soit entendue de sa voix", a expliqué Me Delaunay-Belleville.
En outre, le parquet de Paris a ouvert ce mardi une enquête pour "violences volontaires sur mineur de quinze ans par personne ayant autorité".
Les difficultés de la protection de l'enfance
Auprès de BFMTV, l'association Jean Cotxet a également tenu à alerter sur la situation de la protection de l’enfance en France. "Comme toutes ses homologues agissant pour la protection de l’enfance, l’association est confrontée à de très importantes difficultés de recrutement de personnel éducatif qualifié", a-t-elle affirmé, disant souhaiter "vivement que la protection de l’enfance soit traitée comme une priorité".
"Nous souhaiterions qu’au-delà de cet incident, dont nous ne contestons aucunement la gravité, l’occasion soit saisie de souligner l’extrême difficulté dans laquelle se trouvent les acteurs de la protection de l’enfance", a ajouté l'organisme.
119: le numéro d'urgence enfance en danger
Le 119 -Service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger, SNATED- est un service dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être ainsi qu’aux adultes confrontés ou préoccupés par une situation d’enfant en danger ou en risque de l’être: famille proche, famille élargie, voisins, communauté éducative... gratuit le service est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.











