Budget: Yaël Braun-Pivet "ne souscrit pas au 49.3" et appelle les oppositions à "aller au bout du débat"

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a déclaré ce vendredi 9 janvier sur RMC-BFMTV qu'elle ne "souscrivait pas" à une éventuelle utilisation du 49.3 par le gouvernement pour faire adopter budget de l'État pour 2026.
"Moi, je suis présidente de l'Assemblée nationale, donc je ne souscris pas au 49.3. Je ne souscris pas à ce type d'outil dans les circonstances actuelles, à partir du moment où le Premier ministre et le gouvernement ont dit qu'ils y renonçaient. Je pense que la parole publique est importante, la parole publique doit être crédible", a déclaré l'élue Renaissance.
Les députés ont repris jeudi en commission l'examen du budget de l'État pour 2026, peinant toujours à faire émerger les contours d'un compromis. Après l'échec des discussions en première lecture, le gouvernement a recouru en fin d'année à une loi spéciale. Elle permet d'assurer la continuité de l'État, en reconduisant en 2026 les impôts de 2025, mais a mis en suspens notamment l'augmentation des crédits de défense ou encore plusieurs mesures agricoles à l'heure où la profession manifeste sa colère.
Yaël Braun-Pivet plaide pour "une autre voie de passage"
Le projet de loi de finances est désormais de retour en nouvelle lecture à la chambre basse, jusqu'à samedi en commission, puis à partir de mardi dans l'hémicycle, théoriquement jusqu'au 23 janvier. Les députés repartent de la version du Sénat, loin de faire l'unanimité.
L'utilisation du 49.3, qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote en engageant sa responsabilité, semble de plus en plus probable, faute de majorité à l'Assemblée. La ministre de l'Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a affirmé jeudi sur RTL qu'elle "n'excluait rien qui puisse donner à la fin un budget aux Français".
"Je trouve cela dommage et je trouve qu'il y a, encore aujourd'hui, une autre voie de passage, la voie du débat parlementaire", a commenté Yaël Braun-Pivet sur RMC-BFMTV ce vendredi.
L'élue a invité les forces politiques à "réussir à converger". "On ne peut pas vouloir à la fois, quand on fait partie des oppositions, l'abandon du 49.3" et "ne pas aller au bout du débat", a-t-elle déclaré.
En octobre, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s'est engagé auprès des socialistes à ne pas utiliser le 49.3. "Lorsque l'on dit une chose, on ne peut pas faire l'inverse quelques semaines ou quelques mois plus tard, ça me dérange profondément sur le plan démocratique", a estimé Yaël Braun-Pivet ce vendredi. "Mais la contrepartie de cela, c'est que chacun doit faire des efforts pour débattre, pour aller au compromis", a-t-elle ajouté.












