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"Des mesures trop stigmatisantes": Laurent Nuñez "ne croit pas" à l'interdiction du voile et du jeûne aux moins de 16 ans

BFM Lucie Valais , Journaliste BFMTV
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Invité de BFM Politique ce dimanche 30 novembre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez affirme qu'il "faut faire attention aux mesures qui seraient trop stigmatisantes", évoquant le rapport Eustache-Brinio de la droite sénatoriale pour lutter contre l'islamisme.

Il ne croit pas "à l'interdiction générale". Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a réagi, dans BFM Politique ce dimanche 30 novembre, à la proposition de loi de Laurent Wauquiez d'interdire le port du voile aux mineures dans l'espace public, s'appuyant sur le rapport "Frères musulmans et islamisme politique en France" publié en mai par le ministère de l'Intérieur.

Un autre rapport, le rapport Eustache-Brinio des Républicains au Sénat, évoque l'interdiction du jeûne du ramadan aux moins de 16 ans. Mais le locataire de Beauvau appelle, lui, à la prudence.

"On est sur un sujet qui politiquement est bien plus sensible, on se rapproche pas mal du délit d'opinion, donc il faut qu'on soit extrêmement prudents dans les mesures que l'on va proposer", estime le ministre de l'Intérieur.

"Ce qu'on vise, ce sont des structures, des individus qui portent un discours d'entrisme islamiste qui vise, à terme, à faire en sorte que la loi religieuse s'impose aux lois de la République", ajoute-t-il.

"Je ne crois pas à l'interdiction générale"

Laurent Nuñez détaille: "toute mesure qui serait décidée de manière générale ne me semble pas forcément très efficace (...), je pense qu'elle est très stigmatisante pour nos compatriotes musulmans qui peuvent se sentir blessés par ce type de proposition." Et de résumer: "il faut faire attention aux mesures qui seraient trop stigmatisantes."

"À titre personnel", le ministre estime "que dans l'espace public, quand on voit une jeune femme voilée, la première question qu'on se pose c'est 'est-ce qu'elle a eu le choix de se voiler?'" et ajoute "qu'il y a une action résolue à mener". "Mais je ne crois pas à l'interdiction générale", conclut-il.