Trouble cardiaque, essoufflement… De quoi est mort Raphaël Graven, alias Jean Pormanove, décédé en direct sur Kick?
Jean Pormanove durant l'un de ses lives. - Kick
Mais de quoi est mort Raphaël Graven, alias Jean Pormanove, ce vidéaste dont la mort à l’issue de près de 300 heures de live sur la plate-forme controversée Kick, le 18 août dernier, a provoqué une vague de stupeur? Une première autopsie, dans le cadre de l’enquête en "recherche des causes de la mort" ouverte après sa mort par le parquet de Nice, avait conclu à "l’absence de lien avec l’intervention d’un tiers".
En clair, les sévices infligés pendant les 12 jours de direct dans leur local de tournage à Contes (Alpes-Maritimes), durant lesquels "JP" se faisait régulièrement rudoyer par ses deux acolytes, Owen C. et Safine H., alors qu’ils jouaient à des jeux vidéo ou se fixaient des défis douteux, n’ont pas directement causé son décès.
Aucun produit toxique
Depuis, des analyses supplémentaires, notamment toxicologiques, ont été menées, a indiqué le procureur de Nice, Damien Martinelli, dans un communiqué du 28 janvier. Bilan: aucune drogue, aucun produit toxique n’est à l’origine de la mort de Raphaël Graven.
"Seule la présence de paracétamol était détectée", note le magistrat.
Des expertises plus poussées ont permis de détecter une "hyperthyroïdie" chez le défunt, une pathologie de la glande thyroïdienne, "susceptible de provoquer des troubles cardiaques", souligne le procureur.
Un examen des tissus cellulaires de Raphaël Graven (une analyse "anatomopathologique") a lui mis en évidence "des insuffisances respiratoires, des troubles circulatoires, une cardiopathie hypertrophique ainsi que des lésions", égrène le magistrat. Le décès est lié à "une fonction cardio-vasculaire déficiente et instable". Comprendre: son cœur et sa circulation sanguine ne fonctionnaient plus correctement.
Des violences réelles
Le contexte de violence et de stress lors de cet ultime direct a-t-il pu favoriser son décès, de manière indirecte? Rien ne permet de l’affirmer. La question de la violence et de la réalité des sévices, traverse tout ce dossier.
Placé en garde à vue ce 27 janvier dernier dans le cadre d’une autre enquête ouverte fin 2024, avant la mort de Jean Pormanove, concernant des violences commises dans leurs divers lives de leur chaîne Kick, Safine H., animateur de la chaîne avec Raphaël Graven, a admis que, "avec le recul", "certaines scènes n’auraient pas dû être tournées". Si certains enregistrements étaient scénarisés, "il reconnaissait que certaines actions comportaient des humiliations verbales, physiques ou psychologiques", fait savoir le procureur de Nice.
À l’inverse, Owen C., l’autre acolyte du vidéaste décédé, "contestait le caractère violent et humiliant de certaines scènes enregistrées", réduisant tout cela à un "humour sans limite". Les deux hommes seront jugés fin juillet devant le tribunal judiciaire de Nice pour "violences en réunion sans ITT" sur Raphaël Graven, mais aussi pour "violences sur mineur", "provocation à la haine ou à la violence en raison du handicap et de l’orientation sexuelle" pour d’autres vidéos diffusées sur Kick.












