Mort de Jean Pormanove: le parquet de Paris ouvre une information judiciaire contre la plateforme Kick et réclame un mandat d’arrêt contre ses dirigeants

La très controversée plateforme de streaming KICK est toujours dans le viseur de la justice française. Après les révélations de BFMTV sur les mises en garde à vue, ce mardi 27 janvier, de "Safine" et "Naruto" - les deux co-streameurs de Jean Pormanove, mort en direct sur la plateforme en août dernier - le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire à l'encontre de "la société Kick et ses gérants".
Dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte le 25 août 2025, le ministère public a indiqué avoir convoqué à plusieurs reprises les gérants de KICK à Paris, mais ces derniers ne se sont jamais présentés. Suite à cela, le parquet demande aux juges d'instruction d'émettre des mandats d'arrêt à l'encontre des dirigeants de l'entreprise, basée en Australie.
"Bien que régulièrement informées de cet accord et de la date de convocation fixée, les personnes mises en cause ne sont pas présentées aux auditions", déplore Laure Beccuau, procureure de Paris dans son communiqué.
Des flux financiers supects identifiés
La plateforme, qui rêve de détrôner Twitch, doit faire face à une longue liste de chefs d’accusation: fourniture illicite de plateforme en ligne en bande organisée, blanchimeent d'un crime ou délit en bande organisée, non-assistance à personne en danger, non empêchement crime ou délit contre l'intégrité corporelle et diffusion d'enregistrement d'image d'atteinte volontaire à l'intégrité de la personne.
Et ce n’est pas tout. Sponsor titre d'une écurie en Formule 1, la plateforme devra également clarifier ses liens économiques avec la chaîne de Jean Pormanove, dont la mort, survenue après 298 heures de live, a suscité l’émoi.
"Des flux financiers suspects ont été identifiés, permettant de suspecter un financement direct de cette chaîne par la société KICK et ses dirigeants", précise la procureure de la République.
Cette nouvelle procédure judiciaire s’inscrit dans la lignée d’une importante opération coordonnée, à laquelle ont participé le parquet de Nice, avec le soutien de la police judiciaire de Nice, de l’Office anti-cybercriminalité (OFAC), du Groupe d’intervention régional (GIR) et de l’ARCOM.
De son côté, la plateforme "réfute toutes allégations infondées" dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi. "KICK tient à préciser qu'elle n'a jamais directement rémunéré les streamers en question pour un contenu spécifique. Ces individus n'avaient aucun lien contractuel direct avec la plateforme au-delà de nos Conditions Générales d'Utilisation standards", affirme ainsi l'entreprise. Elle s'engage cependant à "travailler de manière constructive avec les autorités françaises".












