Le procès en appel du réalisateur Christophe Ruggia accusé d'agressions sexuelles par Adèle Haenel reprend

La cour d'appel de Paris reprend ce vendredi 23 janvier le cours du procès en appel du cinéaste Christophe Ruggia, jugé pour agressions sexuelles sur l'actrice Adèle Haenel entre ses 12 et 14 ans, une affaire emblématique du #MeToo du cinéma français.
Initialement prévue sur une seule après-midi le 19 décembre dernier, l'audience avait été mise en continuation au mois suivant en raison du retard pris par les débats. Ce jour-là, à 20h, la cour avait seulement procédé à l'appel des témoins, au rappel des faits et avait longuement entendu Christophe Ruggia.
Ce vendredi, à partir de 13h30, la cour d'appel reprendra l'audience, avec notamment l'audition d'Adèle Haenel qui s'est constituée partie civile et l'interrogatoire de personnalité de Christophe Ruggia, avant les plaidoiries, les réquisitions et la mise en délibéré de la décision de la cour. Contactés par BFMTV, les avocats d'Adèle Haenel ont précisé que leur cliente serait bien présente à la cour d'appel.
"Mais ferme ta gueule!"
En novembre 2019, l'actrice Adèle Haenel avait déposé plainte contre le réalisateur Christophe Ruggia pour des faits d'agressions sexuelles survenus, selon elle, entre 2001 et 2004, après le tournage du film Les Diables.
À l'époque, l'actrice, désormais âgée de 36 ans, n'était qu'une adolescente. Après le tournage du film, elle dit s'être rendue à de très nombreuses reprises au domicile du réalisateur, aujourd'hui âgé de 61 ans, les samedis après-midi. C'est là, sous couvert de goûter, qu'elle dit avoir été agressée sexuellement à de nombreuses reprises.
Depuis qu'elle a dénoncé ces faits et quitté avec fracas la cérémonie des César en pleine affaire Polanski en 2020, Adèle Haenel a quitté le milieu du cinéma pour se concentrer sur le théâtre et le militantisme.
En première instance, les démentis répétés du prévenu avaient excédé l'actrice. Elle avait interrompu son interrogatoire en hurlant "mais ferme ta gueule!" avant de quitter la salle d'audience. Christophe Ruggia avait été condamné à quatre ans de prison dont deux ans ferme à effectuer sous bracelet électronique. Il avait fait appel de sa condamnation. À ce stade, il n'a pas été équipé de ce bracelet.
"Ce n'est jamais arrivé"
En décembre dernier, comme il l'avait fait en première instance, Christophe Ruggia a contesté les faits qui lui sont reprochés. Il estime que les accusations d'Adèle Haenel sont une "reconstruction" a posteriori. Il a martelé qu'il n'était "ni un agresseur sexuel, ni un violeur, ni un pédophile ou quoi que ce soit de ce genre".
"Si j'avais fait ce qu'elle m'accuse d'avoir fait, avoir mis la main dans son pantalon, ne serait-ce qu'une fois, je n'aurais jamais pu me regarder dans la glace et j'aurais cessé immédiatement de la voir. Ce n'est jamais arrivé", a-t-il assuré.
Pour sa défense, il estime qu'il est la cible de #MeToo et la cible d'une vengeance d'Adèle Haenel qui l'aurait accusé parce qu'elle n'avait pas été retenue comme actrice pour l'un de ses scénarios. Mais cette défense est mise à mal par plusieurs témoignages, plusieurs éléments matériels et surtout par le fait qu'Adèle Haenel a dénoncé ces actes en 2019, soit 15 ans après les faits.












