"Cette tragédie nous concerne tous": l'oncle de Camélia, qui s'est suicidée en Seine-et-Marne, lance un "appel au calme, mais certainement pas un appel au silence" face au harcèlement scolaire
Une marche blanche en hommage à Camélia, lycéenne qui s'est suicidée, en Seine-et-Marne, le 25 janvier 2026 - THOMAS SAMSON / AFP
Un appel à ne pas se taire. Lors de la marche blanche organisée ce dimanche 25 janvier, à Mitry-Mory (Seine-et-Marne) en hommage à Camélia qui s'est suicidée mardi 13 janvier, son oncle, Salim Ayachi s'est longuement exprimé sur le harcèlement scolaire. L'adolescente de 17 ans, était, selon sa famille, la cible d'autres élèves de son établissement.
"Cette tragédie nous concerne tous", soutient-il.
Selon Salim Ayachi, le drame ouvre "un espace d'écoute: saisissez-le, parlez, racontez, dénoncez". L'oncle de l'adolescente lance également "un appel au calme" qu'il entend ne surtout pas être "un appel au silence."
Moqueries, brimades...
"Camélia n'était pas l'enfant harcelée qu'on imagine", poursuit son oncle. Elle était "sociable, joyeuse, elle avait des amis, savait encaisser les critiques", se souvient Salim Ayachi. "Et pourtant elle subissait des moqueries, des brimades (...) quotidiennes de la part de plusieurs élèves, dans sa classe, dehors, partout".
Salim Ayachi appelle les élèves victimes de harcèlement scolaire à prendre la parole. "Même si vous avez peur qu'on vous reproche quelque chose, parlez, car personne ne mérite d'être harcelé." "Vous aviez dit que vous vouliez être entendus, c'est le moment", clame-t-il avant de s'adresser aux établissements scolaires, les enjoignant à être "transparents" et à "prendre leurs responsabilités".
Deux enquêtes ouvertes par la justice
Car la famille de Camélia avait "alerté", le lycée Balzac où était scolarisée l'adolescente. Mais les appels à l'aide de la lycéenne n'avaient pas été entendus, selon ses proches. "Le dispositif de protection prévu n'a pas été mis en place", regrette Salim Ayachi.
Dans cette affaire, deux enquêtes ont été ouvertes par la justice. Une première pour déterminer les causes de la mort de Camélia, et une seconde pour "harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider", a indiqué le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, le mercredi 21 janvier.
En effet, l’académie de Créteil a expliqué à BFM que Camélia avait évoqué des faits de harcèlement avec son proviseur avant les vacances de Noël 2025. "À la rentrée de janvier, la situation ne s’est pas améliorée", malgré la convocation des jeunes soupçonnés de harcèlement via les réseaux sociaux, a précisé le procureur dans son communiqué.
Ces faits auraient poussé la jeune fille à se donner la mort, selon la famille, qui a porté plainte contre le proviseur et les harceleurs présumés. Depuis, le proviseur du lycée Balzac de Mitry-Mory a décidé de se mettre en retrait de ses fonctions, le temps de l’enquête sur le suicide, dont les circonstances ne sont pas encore toutes déterminées.
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