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"Un vrai sujet d'examen de conscience collective": le gouverneur de la Banque de France regrette que la hausse des financements de l'immobilier se soit traduite par une augmentation des prix plutôt que des constructions

BFM Business ER avec AFP
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Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a déploré mercredi devant les sénateurs que la hausse des financements de l'immobilier depuis 25 ans s'est davantage traduite par une augmentation des prix que par une progression du nombre de logements.

La hausse des financements de l'immobilier depuis 25 ans s'est traduite par une augmentation des prix et non par une progression du nombre de logements construits, a déploré le gouverneur de la Banque de France lors d'une audition devant la Commission des finances du Sénat mercredi, alors que la France comme l'Europe connaissent une crise du logement.

"Quand vous regardez les financements vers le secteur immobilier, ils ont en fait beaucoup augmenté depuis 25 ans, et souvent à des conditions assez favorables (...) Pourquoi est-ce qu'une masse de financements a plutôt produit une envolée des prix de ce qui existait plutôt qu'une augmentation des volumes ?", s'est interrogé François Villeroy de Galhau devant les sénateurs.

Alors que la politique monétaire favorable "s'est traduite aussi par des crédits immobiliers à taux sans précédent, 1% ou 1,5%", et qu'il y "a eu beaucoup de financements sur le crédit immobilier", la France connaît aujourd'hui une grave crise du logement, a-t-il constaté.

Le nombre de résidences secondaires croît plus vite que celui des résidences principales

Selon des données de l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD), depuis 2000, la baisse des taux d'intérêt n'a pas suffi à compenser l'effet de la hausse des prix sur le pouvoir d'achat immobilier des ménages. Outre la crise de la construction, un rapport de l'Institut Montaigne paru en août met lui en cause le nombre de résidences secondaires, qui croît "plus vite que celui des résidences principales" (1,7% contre 0,9% de 2013 à 2018). Le nombre de logements vacants, lui, augmente "environ 2,3 fois plus vite que le nombre total de logements entre 2005 et 2023".

"Je pense que c'est un vrai sujet d'examen de conscience collective, partout, pas seulement en France", a insisté le gouverneur, appelant à une "vraie réflexion économique", dans laquelle "il faut que la Banque de France prenne sa part".

Selon François Villeroy de Galhau, le sujet n'est pas propre à la France, mais concerne "toute l'Europe, (...) l'Amérique du Nord, etc.". L'ampleur de cette crise a poussé l'Union européenne à lancer fin 2025 un plan pour le logement abordable. En France, le Sénat a examiné mardi une proposition de loi déposée par Les Républicains pour "relancer la construction et la production de logements", texte critiqué par des associations et syndicats mais globalement soutenu par le gouvernement.