Il veut "réagir un peu plus durement que nous": le chancelier Merz veut calmer les ardeurs de Macron concernant la riposte contre Trump pour éviter "l'escalade"

Le chancelier allemand a mis en garde lundi 19 janvier contre les menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump en raison de l'opposition de plusieurs pays européens à sa volonté d'annexer le Groenland, affirmant qu'elles nuiront autant aux Américains qu'aux Européens. Friedrich Merz a dit souhaiter éviter "l'escalade" et veut "essayer" de rencontrer Trump d'ici mercredi.
"En règle générale, ce sont ceux dans les pays desquels les importations sont destinées qui paient les droits de douane. Dans ce cas, ce seraient les consommateurs américains qui paieraient les droits de douane, mais ceux-ci nuiraient bien sûr aussi à notre économie, à l'économie européenne et en particulier à l'économie allemande", a déclaré Friedrich Merz lors d'une conférence de presse à Berlin.
"Nous voulons simplement essayer de résoudre ce problème ensemble et le gouvernement américain sait que nous pourrions également réagir de notre côté", a dit Friedrich Merz, qui doit participer cette semaine, comme le président américain Donald Trump, à la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos (Suisse).
Le chancelier allemand semble surtout être sur une ligne moins offensive qu'Emmanuel Macron qui a menacé d'utiliser ce week-end l'artillerie lourde contre les Etats-Unis, à savoir l'instrument anti-coercition européen comme expliqué ici.
Une rencontre avec Trump?
"La France est touchée par les droits de douane américains dans une mesure différente de la nôtre", a déclaré Friedrich Merz aux journalistes, ajoutant qu'il était donc compréhensible que Macron veuille "réagir un peu plus durement que nous".
"Néanmoins, nous essayons et réussirons à adopter une position commune", assure-t-il avant un sommet spécial de l'UE jeudi et une éventuelle rencontre avec Donald Trump à Davos d'ici mercredi.
"Nous ne souhaitons pas de conflit commercial avec les États-Unis, mais si nous sommes confrontés à des droits de douane que nous jugeons inappropriés, nous sommes en mesure de réagir", prévient-il.
"Dialogue" plus que "l'escalade"
Le président américain a menacé, ce week-end, d'imposer de nouvelles barrières douanières d'ici le 1er février à plusieurs pays européens, dont la France et l'Allemagne, s'il n'obtenait pas le Groenland. Les dirigeants européens doivent se réunir jeudi soir en sommet extraordinaire afin d'en parler.
L'Union européenne cherche à tout prix à afficher l'unité face aux menaces brandies par le président américain, qui martèle sa volonté de s'emparer du Groenland, territoire autonome danois. Lors d'un point de presse lundi, la Commission a prôné le "dialogue" plutôt que l'"escalade".
"Parfois, la forme de leadership la plus responsable est la retenue", a plaidé un de ses porte-parole, Olof Gill.
L'Union européenne dispose toutefois "d'outils" et est "prête à réagir", si le président américain venait à mettre ces menaces commerciales à exécution, a-t-il précisé.
En parallèle de la recherche d'une solution diplomatique, les pays ont effectivement demandé à la Commission d'examiner les différentes ripostes envisageables. Le président français Emmanuel Macron a notamment fait savoir qu'il comptait demander l'activation de l'instrument anti-coercition de l'UE en cas de nouveaux droits de douane américains.












