"Resident Evil Requiem": entre action et infiltration, on a joué à se faire peur et ça fonctionne toujours aussi bien

C’est la première grande sortie de l’année, le retour d’une franchise mythique après un épisode 8 haut en couleur. Autant dire que ce Resident Evil Requiem, qui sera disponible le 27 février, est particulièrement attendu. Il marque aussi l’entrée dans une année anniversaire pour Capcom, celle des 30 ans de sa saga culte pour les joueurs. Et pour l’occasion, l’éditeur japonais a fait dans le grandiose.
Resident Evil Requiem ramène les joueurs là où tout a commencé, à Raccoon City. Que reste-t-il dans la ville trois décennies plus tard? De la désolation, une armée de zombies et d’infectés, des gens qui tentent de survivre… et heureusement Leon S. Kennedy. Le héros emblématique de la franchise, désormais agent aguerri du DSO, a marqué l’histoire depuis son apparition dans Resident Evil 2 (puis dans RE4 et RE6). Il semblait difficile d’imaginer un retour aux sources sans lui. Les fans ne l’auraient sans doute pas compris.
Apparu dans le trailer comme la superstar de ce 9e opus, il va en être l’un des deux protagonistes, avec Grace Ashcroft, analyste du FBI, mais surtout fille d’Alyssa Ashcroft (Resident Evil Outbreak), journaliste portée disparue dans d’étranges circonstances. Un duo de tempéraments opposés, de styles de jeu différents, mais qui va devoir collaborer, bien souvent de manière alternée et à distance dans ce survival horror solo qui reprend tous les codes de son succès.
Un Requiem sous forme de passage de témoin
Nous avons pu mettre la main sur une longue séquence du jeu pour un nouvel aperçu avant la sortie. Elle nous emmène au centre de soins de Rhodes Hill, où Leon a rendez-vous avec Victor Gideon, son directeur et ancien scientifique d’Umbrella sur lequel il enquête après de multiples incidents. Mais évidemment, rien ne va se dérouler simplement et le héros se retrouve face à une armée de zombies, du personnel médical infecté et, surtout, des expériences sanglantes à tous les étages. C’est le retour de l’action spectaculaire, à coup de tronçonneuse, de flingues et autres entrées fracassantes pour se débarrasser de ses ennemis.

On retrouve avec plaisir le héros iconique, plus mature aussi, qui offre une approche du jeu plus directe (avec, au choix, la vue à la 1re personne plus immersive ou la 3e personne plus action). Il arpente les lieux en quête d’une sortie et c’est là qu’il va faire la rencontre de Grace, enlevée par Gideon et tentant elle aussi de s’échapper. Des retrouvailles de courte durée, puisqu’ils sont immédiatement séparés, Leon ayant juste le temps de passer son arme baptisée Requiem à Grace pour qu’elle survive.
Un geste en forme de passage de témoin et de symbole fort de ce jeu. Un Requiem pour les morts (les habitants de Raccoon City, la mère de Grace sans doute), un Requiem plutôt évident sur la fin d’une époque Resident Evil et celle très probable de Leon dont on voit la disparition de manière assez évidente se dessiner à l’horizon. Un "requiem aussi pour les vivants", nous expliquait Koshi Nakanishi, réalisateur du jeu, ceux qui doivent faire leur deuil et surmonter leur traumatisme comme Grace, arrêter de culpabiliser comme Leon, et tenter d’avancer.
Grace propose une approche plus vulnérable de l’histoire. On entend sa respiration varier avec la peur, le stress de la situation. Elle est moins armée que Leon, moins en force, plus en réflexion, en analyse, pour pouvoir assumer son côté novice et fragile. Capcom a parfaitement joué la différence d’approche de ses deux personnages pour ajouter de la tension viscérale. On aimerait avoir les armes de Leon parfois pour aider Grace à surmonter des pièces remplies de hordes de zombies. Lui apprécierait la capacité de la jeune femme à pouvoir fabriquer des munitions, des sérums et autres objets pour résoudre des énigmes, surmonter des situations face auxquelles elle semble moins préparée.
Deux héros en collaboration et complémentarité
L’alternance des personnages se fera par chapitre, mais elle est finement amenée. Ils vont arpenter progressivement une même zone (ici le centre de soins) pour se sortir des lieux, croiser les mêmes ennemis potentiels. À eux de savoir débloquer des accès pour l’autre, laisser des objets qui pourront lui servir (les couteaux pour se défendre ou pour créer d’autres armes), éliminer de nombreux ennemis, tout en sachant que certains vont revenir plus infectés et plus costauds. Tout est toujours sujet à tension.

L’horreur de ce Resident Evil Requiem n’est pas tant dans le gore des éliminations, parfois radicales, que dans le stress permanent provoqué par le fait de ne pas savoir quand quelqu’un ou quelque chose va vous tomber dessus.
"On veut donner une présentation de l’horreur à travers le gameplay surtout", souligne Nakanishi. "Nous n’allons pas seulement vous effrayer avec les visuels ou le son, mais votre expérience de jeu en tant que personnage fait partie intégrante de l’expérience horrifique".
En cela, c’est déjà gagné. On réfléchit à deux fois avant d’allumer une lumière qui va attirer à nous un étrange mutant obnubilé par le fait d’éteindre tous les points lumineux des lieux. Et que dire de ce cuisinier aussi difforme qu’effrayant qu’on préférera contourner plutôt que de l’affronter ou cette cantatrice capable de nous éliminer d’un cri strident si elle entend le moindre bruit. Le rythme est nerveux, sans temps mort, cette fameuse "horreur psychologique" promise par ses concepteurs qui donne envie de continuer malgré tout pour comprendre.
Une peur addictive
Resident Evil Requiem semble bien parti pour alterner enquête horrifique et action nerveuse. Le choix de la complémentarité des personnages à distance, mais ensemble, apparaît judicieux et ajoute une touche de réflexion dans le gameplay intéressante. Le premier véritable antagoniste, Victor Gideon, est dans la droite lignée des méchants de RE: cinglé, machiavélique et mystérieux.

Tout est réuni pour aboutir à un épisode marquant de la saga. Le véritable cadeau d’anniversaire pour les 30 ans de la franchise sous forme de fin d’une époque et d’entrée dans une nouvelle ère. Un Requiem qui veut aussi faire venir son lot de nouveaux joueurs, avec beaucoup plus de facilité d’approche, d’explications, mais aussi de clins d’œil pour les historiques (personnages, lieux, dossiers…).
Et pour ne rien retirer, les premières images aperçues sont d’une réelle beauté, détaillées au niveau des visages et techniquement impeccables grâce à la montée en puissance du RE Engine maison. Les éclairages en profitent pleinement. De quoi mettre en lumière un jeu qui pourrait marquer l’année. La fin de quelque chose ou le début d’un nouvel arc? Nakanishi reste nébuleux et entretient le mystère sur le futur de la saga. Ce requiem pour Umbrella et son passé a néanmoins tout de la naissance d’une nouvelle ère pour Resident Evil. Un Requiem pour mieux avancer vers les 30 prochaines années.

RESIDENT EVIL REQUIEM - Disponible le 27 février 2026 sur PS5, Xbox Series, Nintendo Switch 2 et PC.