Parcoursup 2026: lettre de motivation, IA... Les bons conseils à avoir en tête pour l'ouverture de la phase des vœux
La plateforme Parcoursup le 15 janvier 2025 (photo d'illustration) - Anna KURTH © 2019 AFP
Coup d'envoi pour Parcoursup. À partir de ce lundi 19 janvier, les élèves de terminale et étudiants qui souhaitent se réorienter peuvent s'inscrire sur la plateforme d'orientation dans l'enseignement supérieur et formuler leurs vœux. Plusieurs représentants d'universités et de classes préparatoires, qui examineront les dossiers, livrent leurs conseils pour que les candidats et candidates mettent toutes les chances de leur côté.
• Se poser les bonnes questions
Formation publique ou privée, sélective ou non, en apprentissage ou pas? Alors que les étudiants et étudiantes peuvent commencer à s'inscrire sur Parcoursup, "ils doivent se poser les bonnes questions", incite pour BFM Sabine Evrard, vice-présidente de la commission formation et vie universitaire à l'université de Picardie Jules-Verne.
"Que recherchent les élèves dans le supérieur? Est-ce qu'ils aiment travailler dans la pression? Préfèrent-ils conserver une certaine liberté dans leur emploi du temps?"
Des questions auxquelles il est impératif de trouver des réponses, estime-t-elle. Car la première erreur serait de choisir une formation qui ne leur correspond pas. "Il est très important qu'ils aient les pré-requis et qu'ils vérifient les critères d'accès à la formation, sinon ça ne marchera pas", ajoute Sabine Evrard.
"Dans l'UFR de sciences de mon université, un étudiant en première année de licence qui n'aurait suivi aucun enseignement de spécialité scientifique au lycée a 0% de chance de réussite."
Des recommandations que partagent pour BFM Joël Bianco, proviseur du lycée Louis-le-Grand à Paris et président de l'Association des proviseurs de lycées à classes préparatoires aux grandes écoles (APLCPGE).
"S'ils choisissent une classe préparatoire, est-ce vraiment leur souhait ou celui de leurs parents?"Sabine Evrard conseille ainsi aux candidats et candidates de participer aux portes ouvertes des établissements. "Cela permet de rencontrer des étudiants et des professeurs, de poser des questions mais aussi de se faire une idée de l'ambiance", détaille-t-elle. "Se sentent-ils à l'aise? Arrivent-ils à se projeter?"
• Logistique, éloignement... Prendre en compte d'autres critères
Joël Bianco incite également les futurs étudiants et étudiantes à s'interroger sur ce dont ils sont capables de supporter, notamment sur la question de l'éloignement avec la famille et les proches.
"Bien sûr que des établissements qui ont bonne réputation sont attractifs. Mais le candidat doit se demander si c'est vraiment la bonne solution pour lui s'il habite loin ou si, au contraire, il vit seul du jour au lendemain. Tout ce qui relève de l'intendance est en réalité essentiel."
Pour ce proviseur, les aspects pratiques et personnels doivent tout autant compter que le choix de la formation. "Si l'étudiant pratique un sport ou une autre activité, pourra-t-il continuer? Bien sûr qu'il faudra réduire la voilure. Mais tout arrêter du jour au lendemain, c'est très mauvais pour l'équilibre personnel et donc pour la réussite scolaire." Ce représentant des classes préparatoires rappelle qu'intégrer un établissement prestigieux, "ce n'est pas forcément la recette magique". "Un très bon élève peut ne pas réussir si les autres ingrédients ne sont pas réunis."
"L'entrée dans le supérieur ne doit pas être synonyme de souffrance ni envoyer des jeunes à l'échec."
• Prendre son temps... Mais ne pas attendre le dernier moment
Aucun avantage n'est accordé aux candidats et candidates qui feraient leurs vœux rapidement, précise Parcoursup dans sa foire aux questions. Les lycéens et lycéennes qui feraient donc leurs vœux en premier ne verront pas pour autant leur dossier examiné en premier. Mais cela ne justifie pas pour autant qu'il faille attendre le dernier moment."C'est maintenant qu'il faut se poser les bonnes questions", insiste le proviseur Joël Bianco et président de l'APLCPGE.
"Car si on attend trop, on se retrouve avec un gros tas d'inquiétudes, on panique et on part au plus pressé. Et c'est rarement les bons choix." C'est pour cela que Sabine Chaupain-Guillot, directrice du service universitaire d'orientation et d'insertion professionnelle de l'université de Lorraine, appelle les étudiants à se renseigner dès maintenant sur l'offre de formation. "Il y a différents moyens d'accéder à un même projet professionnel ou d'études", assure-t-elle à BFM.
"On peut par exemple faire du droit via la licence de droit mais aussi un BUT ou un BTS, pour ensuite rattraper une autre formation. Rien n'est figé. Les possibilités sont multiples."
Par ailleurs, chaque formation n'est informée que des vœux qui la concerne. Elle n'a donc pas connaissance des autres vœux qui pourraient être formulés. Rappel important: le dernier jour pour formuler les souhaits de formation, c'est le 12 mars à 23h59 (le 19 mars à 23h59 pour les candidats domiciliés et scolarisés à La Réunion). Les dossiers pourront être complétés par les éléments demandés par les formations jusqu'au 1er avril, date à laquelle les candidats et candidates devront impérativement confirmer chacun de leurs souhaits de formation.
• Diversifier ses vœux
Dans le détail, les aspirants peuvent formuler jusqu'à dix vœux pour des formations sélectives (BTS, CPGE, BUT, écoles, IEP/sciences Po, Ifsi, EFTS, formations paramédicales, licences sélectives, écoles vétérinaires) ou non sélectives (licences, dont les licences "accès santé", et parcours spécifique accès santé - Pass).
Pour certaines formations, il est également possible de formuler des sous-vœux. En clair, cela signifie que le fait de candidater auprès de plusieurs établissements pour une même formation ne représente qu'un vœu. Dix vœux supplémentaires peuvent par ailleurs être faits pour des formations en apprentissage. Pour certaines formations, comme les Instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) et les instituts d'orthophonie, orthoptie et audioprothèse regroupés au niveau territorial, le nombre de sous-vœux n'est pas limité.
Mais pour d'autres, comme les BTS, les BUT, les DCG (diplôme de comptabilité et de gestion), les classes préparatoires (CPGE), les EFTS (Établissements de formation en travail social) et les les DNA (diplôme d'art national), la limite est de 20 sous-vœux au total.
Pour Joël Bianco, cette possibilité de formuler jusqu'à dix vœux est une chance. "Ne vous limitez pas", encourage-t-il. "Vous ferez le tri plus tard."
Autre conseil: si les candidats peuvent formuler des souhaits de formation où ils le souhaitent, dans le cas des licences non sélectives et quand elles sont très demandées, une priorité d'attribution des places est donnée aux candidats du secteur géographique. "Je recommande de faire au moins un vœu dans sa région", insiste Sabine Evrard. "Dans mon université, pour certaines formations, on ne prend que 5% d'étudiants en dehors du territoire."
"Dans les licences en tension, comme Staps ou Pass, vous aurez plus de chances dans votre secteur géographique."
Enfin dernier conseil: ne pas formuler des vœux uniquement pour des formations sélectives. Car ces formations peuvent refuser les candidatures. "Il faut prévoir des filets de sécurité", prévient le proviseur Joël Bianco. "Bien sûr qu'un candidat peut formuler des vœux pour les formations dont il rêve, mais il faut aussi élargir. Quand on a des problèmes à l'issue de la procédure Parcoursup, c'est souvent avec des élèves qui ont formulé des vœux trop restrictifs."
• Soigner la lettre de motivation
Sur Parcoursup, chaque vœu doit être motivé. Cela signifie que le ou la candidate doit préciser en quelques lignes pourquoi cette formation l'intéresse plus qu'une autre et dans quelle mesure elle s'inscrit dans son parcours. "Vous devez donc expliquer, en quelques lignes, pourquoi vous avez retenu cette formation, quels sont vos atouts pour y réussir: qualités et compétences, intérêt au regard de votre projet personnel ou professionnel, expériences passées, démarches conduites", indique la plateforme.
Concrètement, il s'agit d'une lettre de 1.500 caractères maximum (hormis certaines formations dont les CPGE et les Ifsi qui peuvent demander une lettre de 4.500 caractères). "La commission qui étudie les dossiers préférera une lettre maladroite mais personnelle plutôt que des généralités ou des formules toutes faites du genre: 'votre formation est la meilleure'", recommande Sabine Evrard, de la commission formation et vie universitaire à l'université de Picardie Jules-Verne.
"L'important, c'est que l'élève explique pourquoi cette formation s'inscrit dans son projet personnel à lui."
À ne surtout pas faire: adresser la même lettre de motivation à différentes formations. "La lettre doit être personnelle mais surtout en lien avec la formation en question. Une lettre standard, ça n'a pas de sens."
• Avec ou sans IA?
Si Sabine Evrard, également maîtresse de conférences en mathématiques, ne rejette pas le recours à l'intelligence artificielle (IA), notamment pour corriger les fautes ou "donner du punch" à la lettre, elle appelle les aspirants à s'en méfier. "Les éléments de la lettre doivent être propres à l'élève."
Un point de vue que partage le proviseur Joël Bianco. "Une lettre de motivation a de la valeur si elle est sincère, si elle apporte des éléments complémentaires. S'il s'agit d'envoyer une lettre réalisée par l'IA, ça ne sert à rien, autant ne pas en écrire."
Pour Sabine Chaupain-Guillot, également présidente de la Conférence universitaire en réseau des responsables de l'orientation et de l'insertion professionnelle des étudiants (Courroie), l'IA est à proscrire. "On va lire x fois la même lettre de motivation, ça se voit tout de suite. Ce qu'on cherche, en particulier dans les formations sélectives, ce sont des étudiants qui ont maturé leur projet." Car Joël Bianco l'assure: les lettres sont lues - "tout est lu dans un dossier", précise-t-il.
En particulier dans les formations sélectives comme les classes préparatoires qui recrutent de très bons candidats et candidates aux notes toutes excellentes. "Il est parfois difficile de les départager seulement avec les notes. Alors on lit entre les lignes. Car ce qu'on cherche à détecter, c'est un profil, un potentiel, la promesse de performances futures."
• Mettre en avant ses atouts
Pour se différencier, il est par ailleurs possible de mettre en avant des compétences ou des expériences qui dépasseraient le strict cadre scolaire. Cela se fait via la rubrique "mes activités et centres d'intérêts". "Tout compte à des degrés divers", pointe le proviseur Joël Bianco.
"Évitez le baratin creux et mettez en avant vos passions, vos engagements."
Qu'il s'agisse d'un engagement associatif, de la participation à des concours, de compétences acquises en dehors du lycée, d'activités sportives ou culturelles. "Mais pas la peine de dire que vous êtes délégué depuis la sixième", avertit Joël Bianco. "Et si vous n'en avez pas, inutile d'en inventer ou de broder."
D'autant que les formations peuvent demander aux candidats et candidates de prouver les éléments évoqués dans cette rubrique. Mais quelle que soit l'issue de la procédure sur Parcoursup, ce proviseur appelle à ne pas dramatiser. "Certains élèves ont besoin d'une année supplémentaire pour finaliser leur projet d'orientation. Donc s'ils se lancent dans quelque chose et qu'ils se rendent compte que ce n'est pas ce qu'ils cherchaient, ce n'est pas la fin du monde."Un appel au calme que partage Sabine Chaupain-Guillot.
"Oui, il faut faire des choix et ce moment peut être stressant. Mais les étudiants ont le droit d'évoluer ou de se rendre compte que cette formation ne leur convient pas. Il y a de nombreux dispositifs qui permettent de se réorienter." En 2025, quelques 150.283 étudiants en réorientation ont reçu au moins une proposition d'admission.












