Étranglement, insultes racistes, claques... Thays témoigne du harcèlement scolaire subi au collège

"Aujourd'hui, ça va beaucoup mieux" pour Thays mais ce lycéen veut alerter sur le harcèlement qu'il a vécu lorsqu'il était âgé de 10 et 11 ans. Sur BFMTV, il explique "avoir repris une scolarité normale", s'être "fait des amis" après avoir été victime de harcèlement.
Aujourd'hui âgé de 15 ans, il veut "partager (s)on histoire", avec un objectif: "montrer" à des enfants victimes de tels faits qu'"on peut s'en sortir et que ça ne détruit pas pour toujours". "Il faut en parler, ne pas rester seul dans son coin, car ce n'est pas comme ça que ça va se régler", conseille Thays sur BFMTV ce lundi 1er décembre.
"Dans les couloirs, on me donnait des claques dans la tête, on me touchait les cheveux en disant que c'était de la moquette, on m'insultait"; se remémore l'adolescent sur notre antenne.
Il se souvient que trois élèves "l'ont violemment attrapé le bras", ce qui a "touché sa coiffe des rotateurs". Autre exemple, il raconte avoir été "étranglé" dans le bus après les cours. "Heureusement, une amie était là et a prévenu un adulte", poursuit Thays. Ce dernier explique aussi qu'il était pris pour cible "par rapport à (s)a couleur de peau", raison pour laquelle il a été la cible de "beaucoup d'insultes racistes".
Deux dépôts de plainte classés sans suite
Sur BFMTV, la mère de Thays déplore que "les harceleurs soient restés au sein de l'établissement" alors que son enfant "a dû quitter l'établissement". Regrettant se retrouver "seule et démunie", elle estime que "déscolariser Thays était la seule solution". "C'est pas normal, c'est la double peine, ça ne devrait plus exister", poursuit la mère de Thays sur notre antenne.
Elle regrette aussi le rôle des parents des élèves harceleurs qui sont "venus devant notre domicile nous dire 'nous, on vote Front national, on ne veut pas que notre fils soit au contact de votre fils qui est noir'". La mère de Thays regrette "n'avoir eu aucun rendez-vous" avec les responsables de l'établissement, la justice ou l'inspection académique.
"Le maire de la ville de ce collège a dit qu'à son niveau il ne pouvait rien faire", poursuit-elle, précisant que deux dépôts de plainte ont été classés sans suite car les auteurs des faits étaient âgés de moins de 13 ans et n'avaient donc pas de responsabilité pénale.
En novembre dernier, le ministère de l'Éducation nationale a annoncé que 282 élèves harceleurs en élémentaires ont été changés d'école entre 2023 et 2025. Selon l'association de lutte contre le harcèlement Marion la main tendue, 17% des élèves ont été victimes de harcèlement et 7% sont identifiés comme auteurs. Parmi ces harceleurs, deux sur trois ont eux-mêmes été harcelés, et 60% des auteurs déclarent n'avoir jamais été sanctionnés.
3018: numéro unique contre le harcèlement
Le 3018 est le numéro national contre toutes les formes de harcèlement, y compris cyberharcèlement, concernant les jeunes, enfants et adolescents. Gratuit, anonyme et confidentiel, il est ouvert aux élèves, parents et professionnels 7 jours sur 7, de 9 heures à 23 heures pour tout renseignement ou signalement. Une application mobile est aussi disponible.











