Fin de vie: la Ligue contre le cancer critique un "vote sans humanité" au Sénat et qui "prolonge la souffrance des personnes malades"
La proposition de loi sur la fin de vie revient à l'Assemblée nationale (photo d'illustration). - Pascal POCHARD-CASABIANCA © 2019 AFP
La Ligue contre le cancer a critiqué jeudi 29 janvier "un vote sans humanité" au Sénat sur la fin de vie, après le rejet d'une proposition de loi sur l'aide à mourir déjà "détricotée" par les opposants, et fonde ses espoirs sur le retour du texte à l'Assemblée.
Jugeant que "le Sénat prolonge la souffrance des personnes malades", elle déplore "le manque d'ambition sur les soins palliatifs: l'augmentation, certes salutaire, des crédits ne fera pas oublier que les sénateurs ont préféré adopter une 'stratégie nationale' plutôt qu'une loi de programmation pluriannuelle". Et "pire", selon l'organisation, "l'abandon pur et simple de l'aide à mourir, après avoir cyniquement détricoté le texte".
"Une fin de vie libre, universelle, gratuite, décidée par les personnes en grande souffrance ne peut pas se briser face à un vote sans humanité", réagit le président de la Ligue, Philippe Bergerot, cité dans un communiqué.
Le texte retourne au Palais Bourbon
Le texte du député Olivier Falorni, voté avec une majorité claire à l'Assemblée au printemps 2025, va retourner au Palais Bourbon en deuxième lecture dès le 16 février dans la version adoptée il y a près d'un an.
En vue de cette reprise en main par les députés, possiblement accompagnée de modifications, la Ligue contre le cancer rappelle ses lignes rouges.
Elle souhaite que les soins palliatifs soient "un droit opposable", afin que "tout individu puisse saisir la justice afin d'en bénéficier, passé un certain délai". La proposition de loi sur les soins palliatifs, passée au second plan mais adoptée très largement au Sénat, pourrait faire l'objet d'un accord entre les deux chambres du Parlement.
L'aide à mourir "doit être intégralement prise en charge par l'Assurance maladie"
Pour l'aide à mourir, bien moins consensuelle, la Ligue espère le retour à la version de l'Assemblée l'autorisant en phase avancée ou terminale d'une maladie grave, à de strictes conditions.
"Avant de finalement rejeter le texte, le Sénat proposait de la limiter en cas de pronostic vital engagé à court terme, reprenant les conditions d'une sédation profonde... ce qui était inadapté en cas de grandes souffrances", note son communiqué.
Et "l'aide à mourir doit être intégralement prise en charge par l'Assurance maladie, afin ne pas créer de discrimination économique dans une décision intime et médicale", demande la Ligue, qui compte plus de 500.000 adhérents et près de 12.000 bénévoles.











