« Les vignes de la paix » : le roman historique des vignerons de Gaillac et d’ailleurs
« Les vignes de la paix » un roman de Marie Cavaillé-Fernow - Cardebook
Un roman où l’histoire entre en résonance avec l’actualité
« Les vignes de la paix » plongent le lecteur dans l’après-Première Guerre mondiale, en 1919, à Gaillac (81). Le roman raconte l’histoire de Jean-Baptiste Laumière et Paul Marzac, deux vignerons confrontés à la reconstruction du vignoble après le chaos de la guerre. Huit années de travail ont permis à Marie Cavaillé-Fernow, historienne, fille et petite-fille de vigneron, de restituer avec précision les défis de l’époque : les vignes dévastées, la pénurie de main-d’œuvre, les espoirs fragiles, mais aussi la solidarité et la foi en la terre. « C’est une véritable ode à la résilience rurale, à ceux qui ont refait la France à la main, dans la boue, le froid et le silence », souligne Fabien Dedieu, fondateur de la librairie « Au Bon Livre » et meilleur vendeur départemental de l’ouvrage. Le succès du livre tient à sa profonde humanité qui parle à tous. Bien que centré sur Gaillac et sa région, le roman aborde des thématiques universelles – la reconstruction, la transmission, le goût du beau travail, la crise viticole, les adaptations nécessaires, – qui résonnent avec les défis que doivent relever les vignerons d’aujourd’hui. Grâce à une écriture riche et documentée, Marie Cavaillé-Fernow a su trouver la formule pour captiver le lecteur. Elle a passé quatre années à rechercher dans les archives, dépouillant des journaux et des témoignages pour restituer l’esprit d’une époque. « Je me sers de l’Histoire pour raconter des histoires », explique-t-elle.
Marie Cavaillé-Fernow : l’historienne qui rend vignes et vignerons romanesques
Marie Cavaillé-Fernow n’est pas une auteure comme les autres. Historienne de formation, elle a choisi d’écrire l’Histoire sous forme de roman pour la rendre accessible à tous et émouvante. « Dans ce livre, les lecteurs passent des faits historiques aux personnages romanesques et c’est le juste équilibre entre la vérité historique et la construction littéraire qui rend la lecture passionnante » explique-t-elle. Pourtant, les grandes maisons d’édition françaises, 26 d’entre elles, n’ont pas cru en son projet. C’est finalement une petite maison d’édition parisienne, les Éditions Vérone, qui a pris le risque de publier en deux parties ce pavé de 800 pages. « Les grands éditeurs privilégient en général des sujets à la mode, des récits rapides qui se prennent pour des romans et dans lesquels le style de l’auteur est tout à fait secondaire, mon roman est donc pour eux inacceptable ! », s’amuse-t-elle.
Fabien Dedieu et « Au Bon Livre » : une librairie qui mise avec succès sur le lien entre auteurs et lecteurs
Fabien Dedieu, fondateur de « Au Bon Livre », est un autodidacte passionné, loin des cercles littéraires traditionnels. « Je suis le petit entrepreneur sans trop de diplômes qui a gravi les échelons comme il a pu », avoue-t-il. Pourtant, son flair pour les bons livres et son approche humaine ont fait de sa librairie un lieu incontournable à Gaillac. La collaboration entre Fabien Dedieu et Marie Cavaillé-Fernow est née d’une rencontre improbable et fructueuse entre deux opposés. Elle, une femme de culture, historienne, universitaire. Lui, un entrepreneur pragmatique, proche du terrain qui s’est forgé tout seul. « C’est la rencontre des deux opposés qui fait la beauté de cette histoire », confie Fabien. La stratégie gagnante de Fabien, miser sur le local avant tout. « Les librairies peuvent s’en sortir en s’appuyant sur les auteurs locaux », affirme-t-il. « Une femme comme Marie Cavaillé-Fernow, qui connaît beaucoup de monde et parle de moi à tout le monde, ça fait venir les clients. » Enfin, depuis la sortie des « Vignes de la paix » dans la librairie « Au Bon Livre », un bouche-à-oreille puissant s’est développé. « Les clients achètent le livre une seconde fois pour l’offrir », confie Fabien Dedieu. « C’est un signe qui ne trompe pas. Il peut devenir un livre référence pour un large public et pas seulement pour le milieu viticole » Et ce succès prouve que les librairies indépendantes ont un rôle clé à jouer en mettant en avant des œuvres authentiques, loin des logiques purement commerciales. Elles peuvent aussi créer du lien entre auteurs, lecteurs et territoires et redonner vie à des récits qui plaisent aux gens.
Un livre pour les lecteurs de la France entière
Si « Les vignes de la paix » sont un succès local, son ambition est nationale. « Mon rêve, c’est que des gens de Bordeaux, de Bourgogne ou de d’Alsace se reconnaissent dans cette histoire », confie Marie Cavaillé-Fernow. Et pour Fabien Dedieu, aucun doute, « Ce livre, tu le présenterais dans d’autres régions viticoles, il marcherait aussi bien ». Contrairement à beaucoup d’auteurs, Marie Cavaillé-Fernow n’a pas écrit un roman de terroir et ne veut pas écrire pour une élite. « Mon ambition, c’est que le livre sorte de Gaillac, que des gens d’ailleurs en France s’en saisissent parce qu’il raconte aussi notre histoire nationale et s’adresse à tous les lecteurs qui apprécient l’écriture littéraire. »
Un livre qui lie hier à aujourd’hui, parle de courage et d’identité
L’intérêt que les lecteurs manifestent pour « Les vignes de la paix » tient aussi au fait qu’ils y retrouvent souvent une situation familière. « Le fil rouge du livre, c’est le courage des gens pour sortir d’une situation désastreuse. Gaillac entre 1919 et 1926 est un miroir. Ce qui s’y passe résonne avec les difficultés que vivent beaucoup de Français aujourd’hui. C’est donc une histoire de paysans, de gens de la terre qui remontent la pente, c’est aussi l’histoire de nos grands-parents ou arrière-grands-parents qui nous redonne notre identité. Ça touche les gens de partout qui renouent avec leur passé et y trouvent de la force pour le présent. Ce n’est pas une littérature complaisante, facile, mais elle touche le lecteur et lui montre que l’on peut toujours recommencer à vivre » résume l’auteure.
Une belle histoire de terre, de mémoire et de retour à la vie
« Les vignes de la paix » sont bien plus qu’un roman. C’est un hommage aux vignerons et à travers eux à tous ceux qui ont recommencé à vivre après un désastre. Une preuve que les librairies indépendantes ont un avenir en misant sur le local et l’identité. « À l’heure où les librairies jouent un rôle essentiel dans la redécouverte d’œuvres enracinées, ce livre s’impose comme une chronique de la reconstruction humaine », conclut Fabien Dedieu.
Une saga en plusieurs tomes
« Les vignes de la paix » ne sont que le premier volet d’une saga ambitieuse :
- Tome 1 (2025) : « Les vignes de la paix » 1919-1926. Recommencer.
- Tome 2 (janvier 2026) : « Les vignes de la paix » 1927-1939. Tenir
- Tome 3 (à venir) : 1945-1980, « Les vignes du progrès ».
- Tome 4 (à venir) : 1980-2020, « Les vignes de l’avenir ».
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