BFM

"On n'est pas rodés à cet exercice du dialogue": Marc Fesneau estime que le Parlement n'est pas "mûr" pour fonctionner sans 49.3

BFM F.R. avec AFP
Marc Fesneau (MoDem), alors ministre de l'Agriculture et élu député, le 11 juillet 2024 à l'Assemblée nationale à Paris

Marc Fesneau (MoDem), alors ministre de l'Agriculture et élu député, le 11 juillet 2024 à l'Assemblée nationale à Paris - Bertrand GUAY

Invité de TF1 ce mardi 28 octobre, le chef des députés Modem a expliqué que l'Assemblée n'était rodée "à cet exercice du dialogue, du compromis, de la façon de l'exprimer, de porter son identité sans se dévoyer et en même temps d'accepter l'identité des autres".

Le chef des députés Modem Marc Fesneau a jugé mardi 28 octobre que le Parlement n'était pas "mûr" pour fonctionner sans le recours à l'article 49.3, s'en prenant aux "oukazes" du PS qui voudrait à la fois un "compromis" sur le budget et "pouvoir voter contre à la fin".

"On voit bien qu'on n'est pas rodés à cet exercice du dialogue, du compromis, de la façon de l'exprimer, de porter son identité sans se dévoyer et en même temps d'accepter l'identité des autres", a jugé Marc Fesneau sur TF1.

"Acter des accords et des désaccords"

En décidant de ne pas recourir à l'article 49.3 de la Constitution, c'est à dire la possibilité de faire adopter le budget sans vote avec le gouvernement qui choisit les amendements qu'il retient, le Premier ministre a pris "un risque parce que ça nécessitait d'être mûr collectivement".

Le 49.3 avait l'avantage "d'acter des accords et des désaccords et après que chacun aille dire 'j'accepte ou j'accepte pas'" en votant une motion de censure, a-t-il souligné.

Exprimant sa "lassitude" à "écouter parfois chaque heure" des "oukases" du PS, il a estimé que les socialistes ne pouvaient pas à la fois "demander un compromis" et dire "au bout du compte, je ne voterai pas ce budget".

La taxe Zucman ne va pas "guérir toutes les plaies du pays"

"Il y a un moment, quand on est à la recherche du compromis, il faut prendre ce qu'on a acquis, le dire", a-t-il lancé aux socialistes en estimant qu'ils avaient obtenu satisfaction sur "la suspension des retraites" et "la contribution différentielle sur les hauts revenus".

Quant à la taxe Zucman sur les hauts patrimoines, elle sera débattue "probablement vendredi" du fait de la longueur des débats, a-t-il prévenu.

S'il n'a "pas de difficulté" à débattre "des grandes fortunes", il a répété "que ce n'est pas la taxe Zucman qui va guérir toutes les plaies du pays". "On ne pourra pas s'abstraire de la question de réduire les dépenses", a-t-il insisté.