Mathilde Panot dénonce un "gouvernement de menteurs" avant le recours de Sébastien Lecornu au 49.3 pour faire adopter le budget
La cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, le 9 décembre 2025 à l'Assemblée nationale - Adnan Farzat / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
"C'est un échec". Mathilde Panot a vivement dénoncé ce mardi 20 janvier sur Franceinfo la décision de Sébastien Lecornu de recourir à l'article 49.3 pour adopter la partie "recettes" du budget de l'État à l'Assemblée nationale et permettre in fine la promulgation du texte avant la mi-février, sauf censure.
"C’est un gouvernement de menteurs, puisqu’ils avaient promis de renoncer au 49.3 et ils se rendent compte qu’ils n’ont pas de majorité", a pointé la cheffe des députés de La France insoumise.
En cause: le fait que le Premier ministre s'était engagé à ne pas employer l'article couperet sur les textes budgétaires - un geste visant alors à lui éviter la censure des socialistes.
LFI veut déposer une motion de censure
S'il a tenu sa promesse sur le budget de la Sécurité sociale, adopté en décembre avec les voix du Parti socialiste, le chef du gouvernement s'est finalement résigné ce lundi avec "amertume" à utiliser le 49.3 sur le budget de l'État, faute de pouvoir obtenir un scrutin favorable.
Il emploiera une première fois cette disposition constitutionnelle mardi, avant deux autres recours. L'un sur la partie "dépenses" du budget, l'autre pour valider l'intégralité du texte après un passage au Sénat... À moins qu'une motion de censure ne vienne le stopper dans son élan après l'usage du premier 49.3.
En étant adoptée, celle-ci reviendrait à renverser le gouvernement, mais aussi à rejeter le texte, comme ce fut le cas pour Michel Barnier sur le budget de la Sécurité sociale en décembre 2024.
Lundi, LFI et le Rassemblement national ont annoncé qu'ils déposeraient une motion de censure. Concernant celle des insoumis, Mathilde Panot a précisé sur Franceinfo que son groupe avait "proposé" aux écologistes et aux communistes de la signer, ajoutant:
"Cela devrait probablement se faire, ils en discuteront ce (mardi) matin en groupe."
Reste que les voix des insoumis, des communistes, des écologistes et de l'extrême droite ne suffiraient pas à renverser le gouvernement. En imaginant que ces groupes se mobilisent pleinement, il manquerait au moins une vingtaine de suffrages.
"Il suffit qu'il y ait quelques députés socialistes ou (du parti) Les Républicains (...) qui votent" pour que la motion soit adoptée, a souligné Mathilde Panot, disant croire en la possibilité d'obtenir "une majorité".
"Nous refusons de banaliser le passage en force"
Si certains députés se sont parfois affranchis de ses consignes, Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, a indiqué dans la matinée sur France Inter que les socialistes ne voteraient pas la censure.
Le parti au poing et à la rose réclame encore des mesures telles que le "rétablissement de l’impôt sur la fortune immobilière" et "la taxation des holdings", mais il a salué les concessions faites par le Premier ministre dans ses annonces budgétaires de vendredi comme la hausse de la prime d'activité et le repas à un euro pour les étudiants.
Aussi, le groupe des députés LR s'est jusqu'ici refusé à renverser le gouvernement, dont plusieurs de ses membres - quoique suspendus de la formation de droite - font partie.
Autrement dit, Sébastien Lecornu devrait, sauf immense surprise, réussir à passer l'épreuve des prochaines motions de censure, examinées vendredi, après avoir déjà échappé à deux autres dispositions la semaine dernière sur l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur.
Pas de quoi empêcher La France insoumise de tenter de renverser le gouvernement. Refusant de "banaliser le passage en force", le groupe veut déposer une motion pour chaque 49.3. Sébastien Lecornu devra donc affronter encore au moins deux dispositions des insoumis dans les prochaines semaines.












