Le ministre de l'Enseignement supérieur condamne "l'irruption" de députés RN sur un campus universitaire de Seine-Saint-Denis
De gauche à droite, Philippe Ballard, Laurent Jacobelli et Julien Odoul, députés Rassemblement national sur un campus d'université en Seine-Saint-Denis le mercredi 26 novembre 2025. - Philippe Ballard/X
Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Philippe Baptiste a condamné ce vendredi 28 novembre "l'irruption", "sans autorisation" et "accompagnés de caméras", de trois députés du Rassemblement national sur un campus d'une université en Seine-Saint-Denis, et a informé la présidence de l'Assemblée nationale de l'"incident".
"L'université est un service public régi par la loi: autorisations d'accès et de tournage, consentement des personnes, règles de sécurité. Les présidences exercent des pouvoirs de police administrative pour garantir la sérénité des campus; nul n'a à s'en affranchir", a écrit sur X Philippe Baptiste, qui "condamne" leur venue, sans "respect du droit à l'image".
"Le temple du communautarisme musulman"
Mercredi 26 novembre, Julien Odoul, Philippe Ballard et Laurent Jacobelli, sont allés, avec un membre du site d'extrême droite Boulevard Voltaire notamment, sur le campus de Villetaneuse de l'université Sorbonne Paris Nord (USPN), et ont tourné des vidéos à l'intérieur des bâtiments, selon leurs publications sur leurs comptes X.
Ils disent avoir voulu "vérifier sur place" les affirmations d'un article de l'hebdomadaire Valeurs actuelles, qui présentait le campus comme "le temple du communautarisme musulman".
Philippe Baptiste promet un courrier "formel dans les prochains jours" auprès de la présidence de l'Assemblée et apporte son "soutien à la communauté de l'USPN". "Instrumentaliser l'université à des fins politiciennes est inacceptable", a-t-il affirmé.
La présidence de l'université Sorbonne Paris Nord, qui accueille 26.000 étudiants, et l'association de présidents d'universités France Universités ont également dénoncé la venue de ces parlementaires "sans autorisation".
"Cette intrusion intervient dans un contexte où certains médias présentent notre université comme un espace livré à des logiques identitaires. Ces mises en scène construisent une image déformée, éloignée des réalités de nos campus", a également assuré la présidence de Sorbonne Paris Nord sur son site. "La diversité sociale, culturelle et intellectuelle qui traverse notre établissement est une force".












