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Ouverture du procès de l'assaillant de l'attaque au couteau à Romans-sur-Isère en 2020

BFM JMA avec AFP
Le centre-ville de Romans-sur-Isère (Drôme) le 4 avril 2020, après une attaque au couteau tué deux personnes.

Le centre-ville de Romans-sur-Isère (Drôme) le 4 avril 2020, après une attaque au couteau tué deux personnes. - Jeff Pachoud / AFP

Le procès de Abdallah Osman Ahmed, réfugié soudanais souffrant de troubles psychiatriques et suspecté d'être l'auteur d'une attaque mortelle au couteau à Romans-sur-Isère en 2020, s'ouvre ce lundi 27 octobre pour deux semaines.

Le procès d'un réfugié soudanais souffrant de troubles psychiatriques, Abdallah Osman Ahmed, s'ouvre ce lundi 27 octobre devant la cour d'assises spéciale de Paris, plus de cinq ans après une attaque au couteau qui avait tué deux hommes et blessé cinq personnes à Romans-sur-Isère (Drôme).

L'accusé doit répondre d'assassinats et tentatives d'assassinats terroristes, des infractions pour lesquelles il comparaît devant une juridiction criminelle "spécialement composée", c'est-à-dire sans jurés populaires. Le procès doit durer jusqu'au 7 novembre.

L'état psychique du suspect au cœur du procès

Dans la matinée du 4 avril 2020, l'assaillant avait tué à l'arme blanche Thierry N., client d'une boucherie âgé de 54 ans, et Julien V., un commerçant de 43 ans. Il avait également blessé cinq personnes dans le centre-ville de Romans-sur-Isère. Selon les témoins de l'attaque, il avait agi sans prononcer "la moindre parole", "le regard vide", et avait "l'air hypnotisé" et "possédé", restant "très calme".

L'état psychique de ce réfugié soudanais aujourd'hui âgé de 38 ans avait été au cœur des investigations menées lors de l'instruction au pôle antiterroriste du tribunal de Paris.

La première et la troisième des expertises psychiatriques réalisées entre 2020 et 2023 avaient conclu à "l'altération" du discernement de l'assaillant - si elle est reconnue, la peine encourue n'est plus la perpétuité mais trente ans de réclusion criminelle.

La deuxième expertise, datée du 7 novembre 2022, avait au contraire établi "l'abolition" de son discernement - c'est-à-dire une irresponsabilité pénale - car il "présentait, depuis des semaines avant les faits, un tableau psychiatrique associant des symptômes délirants de persécutions, une anxiété massive, un sentiment dépressif".

De la propagande en lien avec l'idéologie jihadiste retrouvée

"Il n'est néanmoins pas avéré (que ce trouble mental) ait été le seul élément à l'origine du déclenchement du passage à l'acte", avaient noté les deux juges d'instruction dans leur ordonnance de mise en accusation devant la cour d'assises spéciale, au printemps 2024.

"Ce trouble associé au déracinement et à l'isolement dont souffrait Abdallah Osman Ahmed accentué par le début du premier confinement sanitaire ont fait partie des éléments déclencheurs du périple", avaient-ils ajouté, relevant que la veille des faits, l'assaillant avait "posté des écrits en lien avec l'idéologie de l'islam radical et justifié ainsi l'acte qu'il s'apprêtait à commettre".

Des fichiers et des images de propagande en lien avec l'idéologie jihadiste avaient notamment été retrouvés dans son téléphone portable.