"Plus clair et transparent": le festival d'Angoulême amené à se réinventer avec un nouvel appel à projets
Les festivaliers arpentent les allées des différents pavillons du Festival International de la Bande Dessinee d'Angoulême (FIBD) a la découverte des expositions dans la ville ou à la recherche de la dédicace d'un des nombreux auteurs et dessinateurs des plus grandes maisons d'édition le 31 janvier 2025. - Eric Pollet / Hans Lucas
Un nouvel appel à projets sera lancé mardi et les candidats ont jusqu'au 12 mars pour déposer leur dossier, selon la mairie et l'Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA), qui regroupe financeurs, professionnels et fondateurs historiques.
Ils devront respecter un cahier des charges qui sera "plus clair et transparent", exemplaire notamment en matière de lutte "contre les violences et harcèlements sexistes et sexuels", et garantir un accès "gratuit" aux auteurs et autres professionnels, a détaillé le président de l'ADBDA, David Caméo, en conférence de presse.
Trois candidats présélectionnés seront auditionnés la semaine du 6 avril, avant l'annonce la semaine suivante du vainqueur qui doit avoir "une grande ambition" et connaître parfaitement le secteur afin de porter l'évènement "encore plus loin à l'international", selon l'ADBDA.
Une "bonne volonté générale"
Les prochaines éditions pourraient avoir lieu "entre janvier et mi-mars" - au lieu de fin janvier jusqu'ici -, hors vacances scolaires.
Le futur contrat liera l'association et le prochain délégataire pour cinq ans, au lieu de dix précédemment, "avec la possibilité d'avoir une année supplémentaire".
"On sera très attentifs pour que tout cela se concrétise réellement avec le futur prestataire", a déclaré Denis Bajram, représentant des Etats généraux de la bande dessinée (auteurs), qui a salué la "bonne volonté générale", "extrêmement rassurante pour l'avenir du festival".
La 53e édition du festival qui devait avoir lieu fin janvier 2026 a été annulée, une première depuis sa création en 1974, en raison de la fronde d'une grande partie du secteur de la BD contre la société 9e Art+, qui organisait l'événement depuis 2007. Cette dernière rejette pour sa part la responsabilité sur les financeurs publics.
De nombreux auteurs et autrices voulaient boycotter cette édition, critiquant l'opacité et la dérive commerciale du festival et reprochant notamment à 9e Art+ d'avoir licencié une salariée qui venait de porter plainte en 2024 pour un viol survenu en marge du festival.
A la place, la municipalité va muscler le "off", organisé chaque année en marge de l'événement. Pour l'heure, 80 éditeurs et 500 auteurs sont attendus du 29 janvier au 1er février, selon ses organisateurs.












