Festival d'Angoulême: la préparation de l'édition 2026 est "mise à l'arrêt"
Les festivaliers arpentent les allées des différents pavillons du Festival International de la Bande Dessinee d'Angoulême (FIBD) a la découverte des expositions dans la ville ou à la recherche de la dédicace d'un des nombreux auteurs et dessinateurs des plus grandes maisons d'édition le 31 janvier 2025. - Eric Pollet / Hans Lucas
Les organisateurs du festival international de BD d'Angoulême, plombé par les appels au boycott d'auteurs et la défection d'éditeurs, ont informé jeudi leurs partenaires que la préparation de l'édition 2026 était "mise à l'arrêt", indique un courriel consulté par l'AFP.
"Nous vous informons que la production de l'édition 2026 du Festival d'Angoulême est, à ce jour, mise à l'arrêt", écrit la directrice commerciale de la société 9e Art+, Noémie de La Soujeole, dans ce courriel révélé par Le Monde et adressé notamment aux maisons d'édition partenaires de l'évènement.
La 53e édition du festival, prévue du 29 janvier au 1er février, n'est toutefois pas annulée, assure 9e Art+ à l'AFP.
"Aucune décision n'a été prise de la part de l'organisation", a fait savoir cette société qui organise le festival depuis 2007 et dont la gestion est critiquée de toutes parts dans le secteur de la BD.
Appel au boycott
Ce message renforce la forte incertitude qui entoure la prochaine édition de ce grand rendez-vous international de la BD, plongé dans la plus grave crise de son histoire, cerné par les appels au boycott et les marques de défiance.
Le festival fait l'objet d'un large appel au boycott d'auteurs et autrices, dont la lauréate du Grand Prix 2025 Anouk Ricard, qui critiquent une dérive commerciale et reprochent à 9e Art+ d'avoir licencié une salariée qui venait de porter plainte en 2024 pour un viol survenu en marge du festival.
Le 20 novembre, les financeurs publics du festival, qui contribuent pour moitié à son budget d'environ 6 millions d'euros, avaient appelé ses organisateurs à annuler l'édition 2026, estimant "plus que compliqué" d'organiser son maintien.
Les grandes maisons d'édition de BD avaient auparavant jugé cette 53e édition "compromise", jugeant "la confiance (...) rompue" avec les organisateurs.
Malgré cette tempête, le ministère de la Culture continue de plaider pour un maintien du festival fin janvier prochain.












