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Démissions, invitations déchirées… vague de boycott contre un festival australien après la désinvitation d'une autrice palestino-australienne

BFM JMA avec AFP
Yanis Varoufakis, ancien ministre des Finances et économiste grec, déchirant son invitation au festival d'Adélaïde pour protester contre la désinvitation d'une autrice palestino-australienne, dans une vidéo publiée sur X le 9 janvier 2025.

Yanis Varoufakis, ancien ministre des Finances et économiste grec, déchirant son invitation au festival d'Adélaïde pour protester contre la désinvitation d'une autrice palestino-australienne, dans une vidéo publiée sur X le 9 janvier 2025. - Capture d'écran X/@yanisvaroufakis

Le festival d'Adélaïde, l'un des plus grands événements culturels d'Australie, subit une vague de désistements depuis une semaine à la suite de la désinvitation d'une autrice palestino-australienne au motif d'une venue qui ne serait pas "culturellement appropriée".

Le festival d'Adélaïde fait face à une vague de désistements d'artistes et de démissions au sein de son conseil d'administration, après avoir écarté une autrice palestino-australienne au motif que sa venue ne serait pas "culturellement appropriée" après l'attaque de Sydney en décembre.

L'un des plus grands événements culturels d'Australie, qui doit se dérouler du 27 février au 15 mars prochain, a annoncé la semaine dernière à la sociologue et autrice Randa Abdel-Fattah qu'il ne "souhaitait pas donner suite" à sa participation.

"Bien que nous ne suggérions en aucun cas que le Dr. Randa Abdel-Fattah ou ses écrits aient un quelconque lien avec la tragédie de Bondi, compte tenu de ses déclarations passées, nous avons estimé qu'il ne serait pas culturellement approprié de maintenir sa participation au programme dans cette période sans précédent", s'est justifié le comité du festival dans un communiqué.

L'autrice dénonce un "acte éhonté de racisme anti-palestinien"

Randa Abdel-Fattah a été critiquée pour certaines déclarations, notamment un message publié sur X en octobre 2024 dans lequel elle affirmait que "l'objectif (était) la décolonisation et la fin de cette colonie sioniste meurtrière".

Le comité du festival s'est dit "choqué et attristé" par l'attaque antisémite de la plage de Bondi près de Sydney, où 15 personnes ont été tuées par deux hommes qui ont tiré sur une foule célébrant la fête juive de Hanouka, et a précisé que sa décision d'exclure Randa Abdel-Fattah n'avait pas été prise à la légère.

L'autrice et universitaire a qualifié cette décision d'"acte flagrant et éhonté de racisme anti-palestinien" et d'une "tentative méprisable" de l'associer à un "massacre".

Quelque 70 personnes ont déchiré leurs invitations, ont rapporté les médias locaux, l'ancien ministre des Finances et économiste grec Yanis Varoufakis expliquant même sa décision dans une vidéo publiée sur X.

Plusieurs membres du conseil d'administration du festival, ont également démissionné de leurs fonctions samedi 10 janvier, selon le Guardian et la télévision publique australienne ABC. Dimanche 11 janvier, la présidente du festival Tracey Whiting a aussi annoncé qu'elle démissionnait avec effet immédiat.