"Conseil de paix" : Lula accuse Donald Trump de vouloir devenir le "seul maître" d'une "nouvelle ONU"
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s'exprime lors d'une conférence de presse au palais du Planalto à Brasilia, le 30 janvier 2025. - EVARISTO SA / AFP
Le président brésilien Lula a accusé vendredi Donald Trump de vouloir devenir le "maître" d'une "nouvelle ONU" avec la création du "Conseil de paix", précisant avoir contacté nombre de dirigeants mondiaux pour défendre les Nations Unies.
"Au lieu de vouloir réparer l'ONU (...) que se passe-t-il? Le président Trump propose de créer une nouvelle ONU dont il serait le seul maître", a déclaré Luiz Inácio Lula da Silva à un événement du Mouvement des sans-terre à Salvador de Bahia.
Donald Trump a lancé formellement le "Conseil de paix" jeudi en marge du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, censé oeuvrer à la résolution des conflits dans le monde et en concurrence avec les Nations unies.
Une invitation lancée à Lula qui n'a pas répondu
Le président américain a lancé des invitations à de nombreux dirigeants mondiaux pour rejoindre sa nouvelle instance, dont à Lula qui n'a pas répondu.
Le dirigeant brésilien a dans son discours vendredi défendu le multilatéralisme face à ce qu'il a décrit comme l'avancée de l'"unilatéralisme" et la "loi du plus fort".
La veille, il s'était entretenu au téléphone avec le président chinois Xi Jinping qui a dit sa volonté de défendre "le rôle central" de l'ONU, sans mentionner la nouvelle organisation créée à l'initiative de Donald Trump.
Une charte de l'ONU "en train d'être déchirée"
Déplorant que "la Charte de l'ONU soit en train d'être déchirée", Lula a indiqué avoir passé "une semaine à téléphoner à tous les pays du monde" pour tenter de "trouver une manière de se réunir" et de défendre le système multilatéral.
Il a précisé avoir parlé notamment avec le président russe Vladimir Poutine, l'Indien Narendra Modi et son homologue mexicaine Claudia Sheinbaum. Le président brésilien a également critiqué le projet de reconstruction de Gaza lancé par l'administration Trump après l'offensive israélienne.
"Ils ont détruit, tué plus de 70.000 personnes pour dire que maintenant on va reconstruire Gaza et y faire des hôtels de luxe", a-t-il fustigé.
La Maison Blanche avait annoncé un "Conseil de paix" présidé par Donald Trump dans le cadre du plan pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien de la bande de Gaza. Mais le projet de "charte" révèle une initiative et un mandat bien plus vaste, avec l'ambition d'en faire un véritable substitut des Nations unies.













