BFM Business

"Nous avons dimensionné le stock et le flux de Ma Prime Rénov" au nouveau statut des bailleurs: le ministre du Logement veut produire 50.000 logements locatifs privés en 2026

BFM Business Emma Rodot
placeholder video
Le gouvernement a annoncé la semaine dernière un objectif de production de 2 millions de logements d'ici à 2030. Parmi les mesures retenues, l'une concerne un nouvel avantage fiscal aux propriétaires bailleurs privés dans le neuf et dans l'ancien, à condition de rénover leur logement à hauteur de 30% du prix d'achat.

Face à la crise de la construction, et à quelques mois de prochaines échéances électorales, le gouvernement a fixé la semaine dernière de nouveaux objectifs pour le logement: construire ou rehabiliter près de 2 millions de biens d'ici à 2030, et ainsi retrouver les niveaux de production d'avant-crise, soit environ 400.000 logements produits chaque année en France, contre environ 300.000 aujourd'hui.

Pour cela, le gouvernement explique vouloir s'appuyer sur plusieurs mesures d'allègement de charges aussi bien adressées aux bailleurs sociaux qu'aux bailleurs privés. Parmi elles, l'une porte sur un nouvel avantage fiscal pour l'investissement locatif: c'est le "statut du bailleur privé", devenu "dispositif Jeanbrun", du nom du ministre du Logement, Vincent Jeanbrun.

“Aujourd’hui, ce choc d’investissement, c’est dire que vous aurez un avantage fiscal conséquent, jamais vu depuis ces dernières années. C’est dire aux Français que oui, investir dans la pierre est rentable. On ne dort pas dans un PEA", a expliqué ce dernier lundi matin sur BFM Business.

"Atteindre les 30% de travaux et être soutenu par Ma Prime Rénov', c'est tout à fait possible"

Ce nouveau statut, qui doit encore être adopté dans la partie dépenses du projet de loi de finances 2026 soumis au 49.3, prévoit des abattements fiscaux (allant de 3,5 à 5% en fonction des cas) pour les propriétaires de logements neufs et anciens rénovés à hauteur de 30% du prix d'achat. Soit des montants de travaux conséquents pour de nombreux ménages.

"Cela dépend vraiment du prix d’achat au départ", a répondu le ministre lundi matin. "Si vous achetez un bien pas très cher, vous pouvez ensuite très vite atteindre les 30% de rénovation", a-t-il estimé.

Vincent Jeanbrun ajoute que le dispositif Ma Prime Rénov, suspendu début janvier en l'absence de budget, aujourd'hui réintégré au texte, viendra soutenir ces objectifs. "Nous avons défendu âprement Ma Prime Rénov dans le budget 2026, le dispositif est aujourd'hui consolidé", a-t-il déclaré.

Auparavant, "vous aviez beaucoup plus de petits gestes: soit l'isolation, soit le toit, ou encore la pompe à chaleur", a indiqué le ministre.

"Aujourd'hui, les rénovations globales, c'est-à-dire les rénovations complètes de logements, sont prioritairement financées, ce qui signifie qu'atteindre les 30% et être soutenu par Ma Prime Rénov', c'est tout à fait possible."

Pour des biens intermédiaires, sociaux et très sociaux

Sur Ma Prime Rénov', Vincent Jeanbrun reconnaît "des difficultés les années précédentes", notamment sur la fraude.

"Aujourd'hui, nous avons dimensionné le budget pour être capables d'absorber le stock, d'environ 80.000 dossiers, mais aussi et surtout les flux entrants. Je vous annonce aujourd'hui un nouveau statut fiscal, pour l'ancien comme sur le neuf. Ma Prime Rénov' sera dimensionnée pour".

Il y a bien sûr des contreparties: les biens concernés par ces amortissements (allant de 3,5 à 5% du montant d'achat) devront être loués au titre de logement intermédiaire (au loyer plafonné 10 à 15% sous les prix du marché, adressé aux ménages modestes qui n'ont pas accès au logement HLM), social ou très social. Les logements privés non plafonnés ne pourront pas en bénéficier.

Avec cette seule mesure fiscale, le gouvernement entend produire 50.000 logements dès 2026, alors que l'investissement locatif est tombé au plus bas l'an dernier, avec à peine 10.000 logements produits en France.