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Et ça augmente encore: les tarifs des assurances habitation vont prendre de 6 à 7% en 2026 (et encore plus dans les villes moyennes comme Avignon ou La Rochelle)

BFM Business Emma Rodot
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Le prix des assurances habitation poursuit sa croissance en 2026: les assureurs répercutent le coût des risques climatiques liés aux sécheresses ou encore aux inondations, alors que la surprime sur l'indemnisation des catastrophes naturelles a elle aussi augmenté de 12 à 20% l'année dernière.

C'est une dynamique désormais structurelle: le prix des assurances habitation augmente à nouveau en 2026. D'après l'assureur en ligne Leocare, qui s'est appuyé sur 350.000 contrats automobile et habitation dans sa dernière étude publiée ce mardi, le coût de l'assurance habitation a augmenté en moyenne entre 8 et 12% l'année dernière. Pour l'année à venir, les tarifs vont encore augmenter de 6 à 7%.

Les propriétaires sont les plus concernés, avec une hausse moyenne comprise entre 9 et 12%, tandis que les locataires voient leur facture augmenter de 8 à 10%, et ce, dans les 100 villes françaises analysées par ce néo-assureur. Une tendance qui rejoint celle d'autres organismes. Déjà, en 2024, le prix moyen d'une prime multirisques habitation (MRH) avait progressé de 7,2%, avec un coût moyen passé de 279 à 299 euros hors taxe, précisait l'UFC Que Choisir.

Des prix élevés dans les villes moyennes exposées aux aléas climatiques

Globalement, l'association de consommateurs estimait les sinistres climatiques à 5 milliards d'euros pour l'ensemble des assurances (tout type de contrats) en 2024. Une inflation corrélée aux aléas climatiques.

"Le coût de la sinistralité des catastrophes naturelles devrait en effet augmenter d’environ 40% d'ici 2050 pour les seuls enjeux climatiques", précise l'Etat.

Les villes moyennes sont celles où les coûts d'assurance habitation sont aujorud'hui les plus importants. Elles sont en effet à la fois "plus exposées à des aléas précis" et constituées "d'une concentration urbaine favorisant les sinistres du quotidien", explique Leocare. L'organisme remarque justement un "renversement" du classement des villes où les frais d'assurance sont les plus élevés en 2025... Et ce, à la défaveur des villes moyennes.

Avignon, Carcassonne, Bordeaux, La Rochelle...

Parmi elles, Carcassonne figure dans le top 10 des villes les plus chères, que ce soit pour assurer une location ou une propriété de trois ou quatre pièces. Par exemple, le coût d'assurance pour un appartement de trois pièces représente 256 euros par an dans cette cité médiévale. Pour une location, le prix s'élève à 180 euros par an.

Carcassonne est en effet "fortemment exposée aux épisodes méditerranéens et aux risques d'inondations par ruissellement", explique Leocare. Depuis 1980, la ville a subi 30 catastrophes naturelles d'après Linternaute, les dernières datant de 2020 (inondations) et 2023 (sécheresse).

Autres exemples: La Rochelle, Bordeaux ou encore Avignon figurent dans toutes les catégories du classement. La Rochelle est pour sa part "soumise aux risques de la façade Atlantique, notamment les tempêtes, la submersion marine et l'érosion côtière". Autre phénomène: dans le centre et le sud-ouest de la France, des villes subissent également le retrait-gonflement des sols en argile, à l'image de Bourges, Montauban ou Agen.

"Ce phénomène de fissures lié à la sécheresse est devenu l'un des plus coûteux pour l'assurance habitation en France", précise Leocare.

Financer les sinistres des catastrophes naturelles

En parallèle, la hausse des prix s'explique aussi par le financement du régime d'indemnisation public-privé des catastrophes naturelles, géré par la Caisse centrale de réassurance (CCR) et déficitaire depuis 2015. La surprime "Cat Nat", intégrée depuis 1982 dans les cotisations d'assurance, est perçue par les pouvoirs publics afin d'indemniser les victimes de sinistres.

Au 1er janvier 2025, cette surprime a été augmentée, en passant de 12 à 20% pour les contrats d'assurance de biens d'habitation et professionnels, soit un gain de 1,2 milliard d'euros par an pour ce fonds d'indemnisation. Pour les particuliers, cette augmentation coûtera en moyenne "41 euros" par an et par foyer au lieu de 25 euros, précisait l'an dernier France Assureurs.