"Un sous-effectif important": les pompiers du Nord manifestent pour plus de moyens et de recrutements

Alors qu'ils éteignent habituellement les flammes, la fumée s'est répandue de leur main. Les pompiers du Nord ont fait entendre leur colère à Lille, ce jeudi 29 janvier, en début d'après-midi. Plusieurs centaines de soldats du feu ont convergé jusqu'au SDIS.
Ils dénoncent le manque de 162 pompiers dans les casernes du département pour venir renforcer le travail des 1.700 autres déjà présents sur le terrain, ainsi que les moyens insuffisants qui leur sont donnés.
Un mouvement "endurci"
Des centaines de sapeurs-pompiers se sont d'abord mobilisés sur le RN356, avant de rejoindre les rues de Lille, puis les locaux de la direction départementale. Sur le parvis du Nouveau Siècle, des pneus ont été brûlés, laissant s'échapper une fumée noire en plein centre-ville.
"On est dans un mouvement social qu'on a dû endurcir, car l'administration est sourde par rapport à nos alertes", explique l'adjudant Salim Bouakaz à BFMTV.
"Le sous-effectif est vraiment important, ce qui engage donc un problème sur le maintien du bon fonctionnement du service public", a-t-il ajouté.
L'adjudant dénonce en outre des camions envoyés sur le terrain "en sous-effectif", impliquant "une protection moins importante pour la population".
De son côté, Julie, hésite à changer de métier. "Il y a 20 ans, le délai d'intervention était de 10 minutes. Maintenant, c'est 20 minutes", dénonce-t-il. Et d'ajouter: "On fait appel aux pompiers volontaires, et, pendant ce temps, la maison continue de brûler".
Un mépris qui ne passe plus
De vives tensions lors du rassemblement ont été rapportées par nos confrères de La Voix du Nord. La situation a notamment dégénéré devant les locaux du SDIS, alors que des pompiers se sont élancés sur des CRS pour pénétrer dans les locaux.
Dans l'agitation, des slogans ont émergé, certains demandant la démission de deux hommes. D'abord François Vallier, directeur du SDIS, en raison de son manque d'action pour assurer les suivis médicaux.
Puis, Christian Poiret, président du département du Nord, dont l'attitude lors de ses voeux prononcés à Lauwin-Planque en janvier ont hérissé de nombreux poils. "Il a eu des réactions dédaigneuses. Il insulte les travailleurs sociaux, comme l'année dernière à Téteghem. Ce sont pourtant eux qui tiennent la baraque, notamment dans un département sinistré. Ici, on est tous en bottes. Nous mettons les mains dans le cambouis", s'indigne Antoine à La Voix du Nord.
Des embauches garanties
Après plusieurs heures de mobilisation, les pompiers du Nord ont finalement obtenu gain de cause. "Ce qu'on a gagné, c'est la reprise du plan d'embauche et on a réussi sur le port de la barbe", confient deux syndicalistes à BFMTV.
Depuis le 1er janvier, les pompiers du Nord doivent obligatoirement se raser le visage pour préserver leur sécurité. La présence d'une barbe favoriserait le maintien de nombreuses particules cancérigènes, et compliquerait l'efficacité de certains de leurs appareils respiratoires. Mais l'idée avait été fortement critiquée par les soldats du feu.
En ce qui concerne les embauches, ils auraient reçu la garantie de 30 recrutements, suivis de 20 autres en juin, d'après le quotidien nordiste. Soit 50, au total.
Malgré ces petites victoires, la mobilisation reste sur ses gardes. "Pour les autres années, il va falloir que le président départemental fasse un effort sur le budget, sinon on redescendra dans la rue", assurent les syndicalistes. Selon le département du Nord, le budget alloué au SDIS est de 103 millions d'euros.













