Plus de 20 ans après le naufrage de l'Erika, des oiseaux retrouvés mazoutés par le fioul du pétrolier au large de la Bretagne

Un désastre environnemental sans fin. Vingt-six ans après le naufrage de l'Erika au large de la Bretagne, une quinzaine d'oiseaux mazoutés ont été retrouvés sur les plages du Finistère. Les premières analyses montrent que les oiseaux ont été victimes de l'hydrocarbure provenant du navire pétrolier.
"On a prélevé le fioul qui contamine ces oiseaux puis on l'a envoyé dans un centre d'analyses", explique Cédric Marteau, directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux.
"Cet organisme a prélevé (des hydrocarbures, NDLR) lors des naufrages du Tanio, il y a plus de 40 ans, et de l'Erika, il y a 26 ans, et il confirme qu'il s'agit bien de fioul de ces deux bateaux."
En 1999 déjà, les images parlaient d'elles-mêmes. Des plages noires, recouvertes de mazout. Au total, 400 kilomètres de côtes avaient été souillés, du Finistère jusqu'en Normandie, par 250.000 tonnes d'hydrocarbures. S'en était suivi un lourd travail de nettoyage et de dépollution des plages et de l'épave durant plusieurs mois.
Tempêtes et intempéries mises en cause
Le naufrage de l'Erika et sa marée noire ont tué au total plus de 100.000 oiseaux marins, selon la LPO. Et des années plus tard, le naufrage du pétrolier Erika continue de peser sur la biodiversité.
Pour plusieurs experts, le reflux de l'hydrocarbure proviendrait des récentes intempéries en Bretagne. Pendant plusieurs semaines, la région a été le théâtre de nombreuses intempéries, avec la succession de deux tempêtes et de fortes pluies, provoquant des vents violents, des vagues hautes et des phénomènes importants de submersion.
De quoi brasser les fonds marins environnants et déplacer la carcasse de l'Erika, encore présente au fond de l'eau. Naufragé à plus de 120 mètres de profondeur, le pétrolier déverse encore du fioul.
Depuis le début de l'année 2026, une quinzaine de volatiles mazoutés ont donc été retrouvés par la LPO, une première depuis le drame qui fait ressurgir le traumatisme de toute une époque. "On va les lessiver et retirer ce fioul avec un objectif de les relâcher", promet le directeur général Cédric Marteau.
L'association demande désormais que les cuves soient ressoudées ou pompées pour éviter tout nouveau dommage.











