"Un recul historique du droit aux vacances": les associations espèrent que les parlementaires vont rétablir dans le budget les 37 millions d'euros de crédits aux "colos apprenantes"

Le budget 2026 va-t-il sonner le glas des "colos apprenantes"? Dans la copie initiale du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, le gouvernement a proposé de couper les crédits jusqu'alors alloués au dispositif des "colos apprenantes". De quoi susciter l'inquiétude des associations de jeunesse et des organisateurs de séjours collectifs, qui craignent un "recul historique du droit aux vacances" pour les familles modestes et des "retombées économiques désastreuses" pour l'écosystème français des "colos".
Mis en œuvre à l'été 2020 dans le sillage du premier confinement, qui avait privé les enfants de plusieurs semaines d'école, le dispositif des "colonies de vacances apprenantes" labellise des séjours collectifs pour les enfants de 3 à 17 ans conjuguant apprentissages variés et activités en plein air. Et, surtout, il aide les familles modestes à financer jusqu'à 100% du coût du séjour – sont concernés, entre autres, les enfants issus d'un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), d'une zone de revitalisation rurale (ZRR) ou ceux dont le quotient familial est inférieur à 1.500 euros.
Dans le texte budgétaire, les crédits dédiés au dispositif des "colos apprenantes" ont toutefois été rabaissé à 0 euro pour l'année prochaine, contre 36,8 millions d'euros en 2025, dans un contexte de baisse général des moyens alloués à la jeunesse.
Lors de l'examen à l'Assemblée nationale de la partie "dépenses" du budget 2026, qui n'est pas allée à son terme, plusieurs amendements déposés par des députés de tout bord avaient proposé de rétablir les crédits alloués aux "colos apprenantes". Désormais passé au palais du Luxembourg, le texte est l'objet d'amendements similaires déposés par des sénateurs du centre et de la gauche. Le Sénat se penchera sur la partie "dépenses" du buget 2026 à partir de ce jeudi 4 décembre.
"Des milliers d'emplois" en péril
"Derrière la technicité des lignes budgétaires", cela marque "un recul historique du droit aux vacances", dénonçait une lettre ouverte adressée au gouvernement et au parlementaires à la fin du mois d'octobre par une cinquantaine d'associations de jeunesse et d’éducation populaire, parmi lesquelles Jeunesse au plein air, Scoutisme de France, Hexopée ou MJC de France. Elles y déplorent le projet de cotisation patronale de 8% sur les avantages sociaux financés par les CSE, dont les chèques vacances – une mesure qui est, pour l'heure, écartée par les députés et les sénateurs.
"En 2023, ce sont 4,7 millions d’enfants qui ne sont pas partis en vacances, soit 2 enfants sur 5", observaient les signataires, pour qui "le droit aux vacances de centaines de milliers d’enfants" pourrait "finir par disparaître". "Les colonies de vacances et les séjours de scoutisme sont des lieux, aujourd’hui rares, où un enfant peut vivre loin des écrans" et "respirer l’air pur", mais aussi "reprendre confiance en [lui]" et "vivre la mixité sociale", avançaient-ils, anticipant aussi "des retombées économiques désastreuses".
"À brève échéance, [ces deux mesures] entraîneraient une baisse immédiate du nombre de séjours organisés, mettant en péril des milliers d’emplois directs et indirects. Sur le long terme, c’est tout un écosystème local qui verrait s’effondrer une part essentielle de son économie", regrettaient les associations signataires.
Selon plusieurs associations alsaciennes, signataires d'une autre tribune, la suppression du dispositif des "colos apprenantes" pourrait renchérir d'au minimum 700 euros le coût d'un séjour pour les familles jusqu'alors bénéficiaires, rapporte L'Alsace. Ces mêmes associations indiquent que plus de 60% des participants à leurs séjours étaient concernés par ce dispositif en 2025, précise le quotidien alsacien. À la mi-novembre, un communiqué de presse envoyé par sept associations d'élus, dont l'Association des maires de France (AMF), alertait également l'exécutif sur la réduction des crédits de certaines politiques de la ville, telles que les "colos apprenantes".












