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"Pas de gaieté de cœur": le ministre de l'Economie veut rétablir la surtaxe sur les grandes entreprises que les sénateurs ont supprimée

BFM Business MC avec AFP
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, à l'Assemblée nationale le 28 octobre 2025

Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, à l'Assemblée nationale le 28 octobre 2025 - BERTRAND GUAY / AFP

Le ministre de l'Économie Roland Lescure espère le rétablissement de la surtaxe sur les plus grandes entreprises, supprimée par le Sénat dans le budget 2026.

Le ministre de l'Économie assume vouloir une certaine hausse de la fiscalité sur les grandes entreprises. Roland Lescure a déclaré ce lundi 1 décembre sur France 2 qu'il souhaitait que la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés pour les plus grandes entreprises, supprimée par le Sénat dans le budget 2026 et qui devait rapporter 4 milliards d'euros, soit "maintenue dans le cadre des discussions entre le Sénat et l'Assemblée" à venir.

"Un ministre de l'Economie qui propose une hausse des impôts sur les entreprises ne le fait pas de gaieté de coeur, mais je considère que (...) ça fait partie du compromis", a-t-il ajouté, car "il faut que tout le monde contribue au redressement des comptes".

"Je continue à penser que ça contribue au compromis, les entreprises qui font des bénéfices sont plus à même de payer que celles qui n’en font pas", a-t-il ajouté.

"Persuadé" qu'un compromis est possible

Roland Lescure s'est par ailleurs dit "persuadé" qu'un compromis est possible sur le budget de la Sécurité sociale, que va tenter d'arracher cette semaine le Premier ministre Sébastien Lecornu avec les partis politiques.

"Je suis intimement persuadé aujourd'hui, parce qu'il y a une majorité de députés qui le veulent, (qu'un compromis) est possible", a-t-il assuré sur France 2, plutôt que de procéder par un 49-3 "qui déresponsabilise tout le monde".

Sébastien Lecornu a renoncé à ce dispositif qui permettrait de passer le budget sans vote, mais la semaine dernière l'ancien président de la République et député socialiste François Hollande a déclaré qu'il "ne faut jamais se priver d'une disposition constitutionnelle".

"Jordan Bardella veut être le porte-voix des industries pétrolières"

Il s'en est enfin pris au président du Rassemblement national Jordan Bardella. Celui-ci avait appelé ses partisans, vendredi, à se mobiliser contre une hausse des certificats d'économie d'énergie (CEE) qui aboutirait, selon lui, à une hausse de 2 milliards d'euros des prix de l'énergie l'an prochain.

"On raconte absolument n'importe quoi. Jordan Bardella le premier, qui a lancé cette polémique déplacée", a protesté Rolland Lescure.

"Si Jordan Bardella veut être le porte-voix des industries pétrolières, qu'il le fasse", a-t-il dit.

L'Union fançaise des industries pétrolières (Ufip) avait annoncé mercredi que cette hausse des CEE aboutirait à augmenter de 4 à 6 centimes le prix du litre de carburant à la pompe dès janvier.

"La plupart des énergéticiens ne répercutent que marginalement les CEE sur les consommateurs. D’autres décident de se servir des CEE comme d’une excuse pour augmenter leurs prix", a accusé Roland Lescure.

Il a également rappelé que ces certificats financent la transition énergétique. "Si les industries pétrolières veulent répercuter une hausse (des CEE) qui permettent aujourd'hui à des gens qui n'en ont pas les moyens d'acheter des véhicules électriques, de rénover leur maison, c'est leur choix", a-t-il lancé, tout en rappelant que le dispositif "n'est pas un impôt et ne va pas dans la poche" de l'Etat.