"La carte scolaire s'annonce catastrophique": avec la chute des naissances il y aura 150.000 élèves en moins à la rentrée 2026, 4.000 postes d'enseignants seront donc supprimés

Les enseignants, victimes collatérales de la baisse de la natalité? À la rentrée 2026, 4.000 postes de professeurs devraient être supprimés, comme le prévoit le projet de loi de finances (PLF) définitivement adopté ce mardi 27 janvier après avoir échappé à deux motions de censure.
Cette saignée est la conséquence, selon le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray, d'une "chute démographique qui est absolument vertigineuse", a-t-il fait valoir ce mardi devant les députés de l'Assemblée nationale lors d'une séance de questions au gouvernement.
"Nous perdrons 150.000 enfants à la prochaine rentrée, nous en perdrons au total un million entre 2019 et 2029 dans le premier degré", a signalé le locataire de la rue de Grenelle.
Lundi, lors d'une réunion du Comité social d'administration (CSA), le ministère de l'Education a détaillé aux syndicats les moyens prévus pour la rentrée et leur répartition par académie, un exercice habituellement mené en décembre, mais retardé cette année du fait de l'absence de budget.
Plus de 2.200 suppressions de postes dans le premier degré
Un document transmis aux syndicats et consulté par BFM Business détaille l'ampleur des suppressions d'emplois annoncées: 2.229 dans le premier degré public (écoles maternelles et élémentaires) et 1.803 dans le second degré public (collèges et lycées).
Sans surprise, c'est le premier degré qui trinque le plus: dans le détail, "1891 postes de titulaires" seront supprimés, indique à BFM Business Aurélie Gagnier, co-secrétaire générale et porte-parole de la FSU-SNUipp. Et 338 postes de stagiaires devraient également être supprimés. Conséquence de "la réforme du concours qui prévoit que les lauréats issus de L3 ne soient plus en classe mais 1 an en formation", précise-t-elle.
Certaines académies trinquent plus que d'autres. Comme Lille qui devrait perdre 265 enseignants dans le premier degré, mais aussi l'académie de Nancy-Metz où 170 suppressions de poste sont envisagées. 160 équivalents temps plein devraient également passer à la trappe en Normandie, 153 dans l'académie de Nantes ou encore 151 à Créteil.
Dans le second degré, "c'est un peu la douche froide", a constaté également Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU auprès de l'AFP: 190 suppressions d'emplois à Lille, 153 à Rennes, 150 en Normandie ou 140 à Bordeaux. "On savait que la rentrée ne se préparait pas sous de très bons auspices. C'est confirmé."
Le nombre d'élèves en baisse depuis dix ans
Il n'empêche: les arguments du ministre de l'Éducation nationale ne sont pas infondés. D'après les chiffres de l'Insse, à la rentrée 2024, 12,6 millions d'élèves étaient scolarisés dans les premier et second degré en France. Un population en baisse depuis 2015: -244.000 élèves précisément, soit -1,9% en près de dix ans.
Le recul est encore plus flagrant dans l'enseignement primaire: -514.600 élèves depuis 2015, soit une baisse de 7,6%. C'est encore plus criant dans le préélémentaire, -11,2%, contre -5,7% en élémentaire. "Ces baisses s’expliquent par le nombre de naissances, moins nombreuses depuis 2014", conclut l'Insee, dans une étude publiée en novembre 2025.
"En septembre 2025, on recensait la fermeture de 2.402 classes pour un retrait de 670 emplois. Si on prend au prorata, ça donnerait 7.900 fermetures", alerte Aurélie Gagnier. "La carte scolaire s'annonce catastrophique", s'émeut-elle.











