Maladies, pollution, vieillesse... Comment expliquer l'échouage régulier de cétacés ces derniers mois?

Après l'orque égarée dans l'embouchure de la Seine et le béluga perdu dans le même fleuve, c'est un rorqual qui attire l'attention. Mesurant près de 15 mètres et pesant 20 tonnes, le géant s'est échoué sur une plage de l'île de Sein (Finistère) ce vendredi. Si les causes de sa mort sont pour l'instant inconnues, ce nouvel échouage interroge.
Pour Christine Grandjeanc, présidente de l'association "C'est assez!", plusieurs facteurs peuvent expliquer la perte de repères des cétacés.
"Ça peut être une maladie, la faim qui les pousse, ça peut être aussi la pollution sonore qui les désoriente, ou le réchauffement des courants marins parce que l'océan change avec le réchauffement climatique", a-t-elle énuméré au micro de BFMTV.
Des corps ramenés par les courants
L'association rappelle par ailleurs que si ces derniers cas d'échouages ou d'égarement sont spectaculaires, ils restent rares. Même son de cloche du côté d'Éric Demay, cétologue et président fondateur de l'observatoire Dolphy, qui note qu'il est possible d'avoir "l'impression" qu'il y en a de plus en plus, mais qu'il "y en a toujours eu".
"Les causes [de leur échouage, ndlr] peuvent être diverses, mais ces cétacés meurent aussi de maladies, de mort naturelle, ou [...] de vieillesse" rappelle-t-il sur notre antenne.
Ces animaux peuvent aussi mourir loin des côtes mais être ramenés par la mer. "Quand vous avez un cétacé qui meurt loin des côtes, il peut être ramené par les courants et les tempêtes, c'est le cas en Méditerranée", explique encore le spécialiste.
Aucun lien entre les échouages et d'autres observations
Ce qui interpelle par ailleurs Éric Demay, c'est que chaque nouvel échouage ou égarement concerne ces derniers temps une espèce différente. C'est justement ce qui empêche pour l'instant de faire un lien entre ces événements et une cause extérieure, pour Jérôme Spitz, chercheur au CNRS.
"Impossible, selon les éléments en notre possession, d’établir un ou plusieurs liens communs entre ces échouages et autres observations", a assuré au Parisien celui qui est aussi le codirecteur de l’Observatoire pour la conservation de la mégafaune marine (Pelagis) à l’université de La Rochelle.
Il faudrait pour cela "qu’une seule espèce soit concernée dans un laps de temps court pour pouvoir commencer à l’envisager car, pour l’instant, nos statistiques ne montrent pas d’anomalies particulières. Ces apparitions, prises de façon individuelle, n’ont donc pas de caractère exceptionnel du point de vue scientifique."
Dans le cas du rorqual échoué dans le Finistère, il rappelle que ces espèces sont présentes en "abondance" dans les eaux du golfe de Gascogne. Quant au béluga dans la Seine, c'est son état de santé qui peut expliquer son égarement, même si cela reste un fait rare.
Selon le spécialiste, un premier béluga a été observé dans un fleuve en 1948. Un deuxième a été vu dans le Rhin en 1960, et c'est en 2017 qu'un troisième animal a été vu dans la Tamise en Angleterre.











