Test Pixel Watch 4: Google mise tout sur l’IA et Gemini pour distinguer sa montre connectée d’une concurrence bien installée, au risque de ne pas assez en faire?
La Pixel Watch 4 dispose d'un nouvel écran bombé. - Tech&Co
Depuis le 9 octobre, Google propose une nouvelle montre connectée: la Pixel Watch 4. Commercialisée à partir de 399 euros, elle embarque quelques nouveautés matérielles, mais s'avère surtout intéressante au niveau logiciel, grâce à l'intelligence artificielle portée par Gemini.
Une IA facilement accessible et, surtout, utile
Google avait annoncé la couleur en mai, lors de sa conférence annuelle des développeurs. Après les smartphones, son IA va s'inviter partout, à commencer par les montres connectées. Gemini est ainsi disponible sur la Pixel Watch 4 et pas seulement pour des échanges textuels. Car si le chatbot est disponible sur les précédents modèles, le dernier-né est le seul à disposer de la fonction "Parler directement à la montre", qui permet, comme son nom l'indique, d'échanger avec lui en mode mains libres, soit sans avoir à appuyer sur le bouton au-dessus de la couronne ou sur la touche dédiée de l'écran.
Il suffit d'approcher la montre près de sa bouche pour que Gemini s'active (une petite lueur bleue apparaît en bas de l'écran). L'arrivée du chatbot avec cette exclusivité est la nouveauté la plus intéressante à nos yeux. Car il est capable de bien plus que seulement lancer un exercice ou répondre à une simple question. L'IA peut en effet se connecter à diverses applications comme Fitbit, Google, Gmail ou encore Maps pour satisfaire de nombreuses requêtes.
Vous voulez connaître votre fréquence cardiaque? Gemini se connecte à Fitibt pour l'afficher sur l'écran. Vous cherchez un endroit pour boire un café à côté? L'IA affiche une liste de lieux, qu'il prononce à haute voix avec un lien vers Google Maps en bas. Vous avez un rendez-vous, mais vous ne souvenez plus de l'heure? Le chatbot peut, à votre demande, aller dans vos mails pour vous le rappeler.
Un Siri pas encore à la hauteur
Pour certains, ce n'est peut-être pas grand-chose, surtout si vous n'êtes pas un grand utilisateur de l'IA (ce n'est d'ailleurs pas notre cas). Mais ces capacités sont impressionnantes surtout quand on les compare à celles de Siri sur l'Apple Watch. Ne faisant plus le poids face aux outils comme ChatGPT, l'assistant vocal d'Apple attend toujours sa refonte pour devenir plus intelligent.
On l'utilise ainsi rarement sur l'Apple Watch que nous portons au quotidien, si ce n'est pour lancer un minuteur ou lui demander de mettre un rappel. Ce test a d'ailleurs été l'occasion de comparer les capacités de Siri à celles de Gemini. Et la première chose que l'on remarque, c'est que contrairement à l'IA de Google, il est toujours nécessaire d'interpeller celle d'Apple pour lui demander quelque chose.
Alors que l'Apple Watch permet notamment de suivre sa santé, Siri ne peut même pas nous indiquer notre fréquence cardiaque. "Désolé, je ne peux pas vous aider à faire cela", réplique-t-il, nous invitant à nous rendre sur le site d'Apple pour en savoir plus sur l'enregistrement des données de santé.
L'assistant vocal d'Apple s'en sort néanmoins un peu mieux lorsqu'on lui demande de trouver un café à proximité. Elle répond en affichant une série d'encarts que l'on peut sélectionner pour être redirigé vers Plans. Autrement dit, Siri est beaucoup moins utile que Gemini sur les montres connectées. Mais peut-être que cela changera plus tard.
Une recharge plus rapide pour une meilleure autonomie
Un autre changement que l'on apprécie sur la Pixel Watch 4 est la façon dont elle se recharge. Jusqu'à présent, il fallait poser le dos de la montre sur un chargeur magnétique, un peu comme l'Apple Watch. Une méthode qui n'était cependant pas pratique avec les montres de Google, car le chargeur venait parfois directement s'aimanter au mauvais endroit, faisant courir le risque que la montre ne charge pas, sans que l'utilisateur ne s'en rende compte.
Un problème que l'on ne rencontre pas avec la Pixel Watch 4, qui est dotée d'un petit emplacement sur le côté gauche qui se connecte automatiquement à la station de recharge. De sorte que la montre est en position verticale. Elle se recharge d'ailleurs plus vite grâce à cette nouvelle station de recharge: là où le modèle précédent prenait 1h20 pour passer de 10 à 100%, la Pixel Watch 4 le fait en 45 minutes. Elle peut même gagner 20% de batterie en moins de 10 minutes.
Cette vitesse de chargement est associée à une meilleure autonomie. Elle était déjà bonne sur la Pixel Watch 3, qui offrait plus d'une journée et demie d'utilisation. Avec sa successeure, Google promet 40 heures d'autonomie sur le modèle 45 mm (que nous avons testé). Une promesse qui est tenue: on a pu l'utiliser pendant 41h avec le mode Ecran toujours allumé, le suivi du sommeil, 1h30 de sport, et 1h30 de marche avec le mode GPS activé. Et il nous restait encore 10% de batterie.
La Pixel Watch 4 a même pu suivre notre sommeil sans problème avec 23% de batterie. Elle est tombée à 15% au réveil et on a pu enchaîner avec une heure de sport au cours de laquelle elle n'a perdu que 5% avec l'économiseur de batterie, qui s'active automatiquement lorsque la charge de la monde passe en-deça du seuil des 15%.
Une montre quasi identique
Outre ces nouveautés, la dernière montre connectée de Google ne se distingue pas beaucoup de sa prédécesseure. L'entreprise l'a doté d'un nouvel écran bombé pour offrir une surface d'affichage légèrement plus grande, mais cela ne se remarque pas à l'usage. Et si les bordures sont toujours trop épaisses, on les oublie vite avec un cadran sombre.
Niveau données de santé, la Pixel Watch 4 en fournit autant que la Pixel Watch 3 (score d'aptitude quotidien, énergie dépensée, fréquence cardiaque...). Malheureusement, un abonnement à Fitbit Premium (8,99 euros par mois ou 79,99 euros par an) est toujours nécessaire pour accéder à l'ensemble d'entre elles. Grâce à l'IA, elle peut détecter un entraînement que l'on a oublié de lancer. Du moins, c'est ce qu'assure Google, car dans les faits, la montre est seulement parvenue à le faire avec la marche et pas avec d'autres sports, comme la danse ou le kickboxing.
Conclusion
Pour cette nouvelle édition, Google fait le pari de ne pas changer une recette qui marche plutôt bien. L'entreprise a préféré miser sur l'autonomie et surtout sur l'intelligence artificielle pour améliorer sa montre connectée, notamment avec Gemini. Une nouveauté qui devrait surtout plaire aux grands utilisateurs de l'IA, ce qui n'est pas notre cas.
Force est de constater, néanmoins, que Google a réussi à bien intégrer son chatbot dans un autre appareil que les smartphones, en permettant aux utilisateurs d'y accéder rapidement et de s'en servir pour facilement obtenir des informations. De quoi rendre la Pixel Watch 4 plus utile que d'autres montres connectées, on pense notamment aux dernières Apple Watch et Galaxy Watch, en permettant d'en faire plus que de suivre sa santé ou encore ses notifications.