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Il veut rivaliser avec le Vision Pro d'Apple: on a essayé le casque Galaxy XR signé Samsung et Google

BFM Business Melinda Davan-Soulas
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Pas encore disponible en France, le Galaxy XR s’est laissé approcher pour voir comment Samsung et Google dessinaient le futur de la mobilité en réalité mixte. Très inspiré du Vision Pro d’Apple, un peu du Quest 3 de Meta, il arrive avec des arguments de poids et de prix.

Sa boîte rappelle celle du Vision Pro d’Apple en plus compacte. Une fois déballé, son look se positionne à la croisée des chemins entre la rigidité du Meta Quest 3 et la rondeur du concurrent "designed in Cupertino". Le Galaxy XR est le fruit des amours en réalité mixte de Samsung pour la partie matérielle et Google, pour le gros volet logiciel. Lancé il y a peu aux Etats-Unis et en Corée du sud, il aspire à se faire une place sur un marché encore de niche, mais auquel beaucoup prédisent un fort potentiel. Nous avons pu l’essayer pour juger (rapidement) de ses ambitions.

Lorsque l’on va pour enfiler le Galaxy XR et que l’on a déjà testé les autres casques de réalité virtuelle ou mixte, il y a toujours quelque chose d’étrange et de familier à la fois. Et le plus étrange, c’est d’entendre que, chez Samsung, on parle aussi "d’ordinateur spatialisé", une rhétorique que l’on croyait dévolue à Apple dans sa volonté de se démarquer et de ne pas se contenter d’être un énième casque VR. Pourtant, il est facile d’y voir des similitudes dans l’approche — mais pas que.

Projet Moohan devenu Galaxy XR
Projet Moohan devenu Galaxy XR © Tech&Co

Car du côté du fabricant sud-coréen, on veut aussi vanter l’expérience d’un espace de travail élargi qui viendrait cette fois, non pas étendre les usages d’iOS et de l’environnement Apple, mais celui d’Android évidemment. Ou plutôt beaucoup celui de Google et un peu celui de Samsung, puisque l’on retrouve aussi quelques applications maison. Mais pas question de parler de "mirroring" (duplication d’écran). C’est un véritable environnement dédié qui nous attend dans le Galaxy XR.

Un design mixte sauvé par son poids allégé

Parlons design tout d’abord. L’avant reprend l’effet masque du Vision Pro, avec un contour en aluminium, mais l’ensemble est plutôt en plastique. Cela change déjà le poids porté sur l’avant du visage. Nativement, le Galaxy XR laisse passer énormément de lumière entre l’écran et le visage. Il est possible de rajouter des caches qui s’aimantent sous les yeux et un socle supplémentaire sur le haut pour éloigner éventuellement le casque du front, histoire de mieux adapter sa vue.

Samsung Galaxy XR
Samsung Galaxy XR © Tech

On regrettera que le réglage de l’écart interpupillaire ne se fasse pas manuellement et ne soit pas très simple et clair dans les réglages. Cela nécessite un peu de gymnastique pour bien régler le tout à sa vue. Autre point: ici, pas de sangle à scratches ou autre pour fixer le casque sur la tête. Il s’agit d’un support un peu rigide en plastique avec une molette à l’arrière. Ce n’est pas le plus agréable, quand on a testé le Vision Pro et ses bandeaux, et cela n’optimise pas l’ajustement. Mais le poids allégé fait la différence (545 g). Quant à la batterie reliée par un fil (environ 300 g), il faut toujours prévoir une poche pour la transporter ou la poser à côté de vous.

À l’intérieur, on trouve deux écrans micro-Oled 4K avec un taux de rafraîchissement pouvant monter jusqu’à 90 Hz et un champ de vision de 109°. La dalle est de qualité, avec une image nette. On apprécie aussi la fluidité de l’affichage, que ce soit pour regarder une vidéo, jouer ou déplacer les multiples fenêtres que l’on peut ouvrir (on en a mis 5, mais possiblement plus. Il faut juste que cela reste un environnement lisible…). Le Galaxy XR est porté par le processeur Snapdragon XR2+ Gen 2 de Qualcomm (256 Go de stockage et 16 Go de RAM) qui lui offre un gain de puissance non négligeable en termes de réactivité à l’ouverture-fermeture des applications.

Au niveau de l’interface qui tourne sous Android XR, le Galaxy XR ne réinvente pas la roue. Ici aussi, les fenêtres flottent dans l’air, le menu est en transparence et s’active en appuyant sur le bouton positionné à droite sur l’avant du casque. Il rappelle clairement celui du Vision Pro et se contrôle également du regard et des doigts pour valider (il est possible de ne se servir que du suivi des mains pour naviguer). Le Google Play Store est présent et permet d’avoir accès à l’intégralité des applications disponibles, une façon de retrouver ses réflexes de smartphone Android. Pas véritablement de souci d’affichage sur celles que nous avons testées (Netflix, Google Maps, Photos, Chrome, Job Simulator, Youtube…).

Les utilisateurs pourront transformer leurs souvenirs 2D en 3D dans Google Photos.
Les utilisateurs pourront transformer leurs souvenirs 2D en 3D dans Google Photos. © Samsung

Vous pouvez rester dans votre environnement réel ou bien vous immerger un peu plus profondément dans un environnement virtuel. Nous avons testé la montagne pour le calme qu’il s’en dégage. Pour cela, il est possible de double-cliquer sur la zone tactile à l’avant de la branche droite du casque. Dès que vous discutez avec quelqu’un à proximité ou que le casque détecte des obstacles, vous êtes ramené à la réalité par sécurité.

Le meilleur ambassadeur pour basculer Android dans une nouvelle réalité

Le casque se montre très précis et réactif à vos mouvements grâce à ses 8 caméras et multiples capteurs externes qui permettent la réalité mixte (+ 4 caméras internes pour le suivi oculaire). Le suivi mains et regard fonctionne parfaitement et, si vous voulez utiliser la voix, Gemini AI est là pour vous accompagner et répondre à vos questions, que ce soit pour mieux utiliser le Galaxy XR ou pour toute autre demande. Un peu trop parfois et il s’est montré un peu trop présent sans que l’on ne lui demande quoique ce soit (l’appui même légèrement prolongé sur le bouton menu a tendance à l’invoquer facilement).

Le Samsung Galaxy XR rappelle le Vision Pro
Le Samsung Galaxy XR rappelle le Vision Pro © Tech&Co

Mais cela peut s’avérer très utile pour réorganiser les fenêtres affichées devant vous, chercher du contenu sur Youtube ou vous aider dans une recherche pendant que vous tapez du texte, car il est possible de connecter en Bluetooth un clavier et une souris. Il bénéficie surtout des deux haut-parleurs embarqués et de six micros pour assurer une spatialisation sonore immersive très plaisante quand on regarde une vidéo, et surtout une meilleure captation de la voix pour échanger avec l’assistant vocal.

La productivité est d’ailleurs l’un des arguments avancés par Samsung. En connectant un PC sous Windows, vous allez pouvoir dupliquer le contenu de l’ordinateur, l’afficher et travailler en toute confidentialité, même avec du monde autour de vous (transports, café, bureau…). Le Vision Pro le permet déjà, mais à condition de l’associer à votre Macbook.

L'Apple Vision Pro.
L'Apple Vision Pro. © Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le Galaxy XR arrive avec de sérieux atouts face à son principal concurrent, le Vision Pro d’Apple, et notamment son prix. Positionné à un équivalent de 1.700-1.800 euros, il est deux fois moins cher et moins lourd pour une proposition quasi similaire (divertissement, productivité, accès à un Play Store plus large, etc.). L’"ordinateur spatialisé" d’Apple garde pour lui encore une petite longueur d’avance dans la navigation plus fluide et instinctive entre l’interface et les apps, l’ergonomie d’usage et les animations aussi grâce à un meilleur taux de rafraîchissement aussi (jusqu’à 120 Hz).

À la différence du Quest 3 au prix plus agressif, le Galaxy XR se veut moins orienté gaming et social. Il mise sur une expérience XR premium cohérente et polyvalente. Plus sérieux que le positionnement du casque Meta, moins spectaculaire que le Vision Pro, le casque Samsung-Google se veut une nouvelle entrée dans l’univers Android, à la sauce XR. Une force, mais aussi la même faiblesse que la concurrence: il va devoir trouver sa "killer app" pour démocratiser un usage dont le côté incontournable et indispensable reste à définir.