BFM Tech

Meta supprime 600 emplois au sein de sa division IA... pour avancer encore plus vite

BFM Business Pierre Fontaine avec AFP
placeholder video
Le groupe de Mark Zuckerberg va supprimer 600 postes de chercheurs en IA, qui seront pour l'essentiel, semble-t-il, déplacés dans d'autres unités toujours dédiées à l'intelligence artificielle. Une réorganisation pour être plus efficace, plutôt qu'une réduction de l'effort.

Pas une phase d'abandon, au contraire, une phase de concentration de l'effort. Le groupe Meta (Facebook, Instagram) a décidé de supprimer quelque 600 postes au sein de sa division consacrée à l'intelligence artificielle (IA) afin de rationaliser ses opérations après une importante campagne de recrutement, ont rapporté des médias américains mercredi.

La décision de Meta vise, selon le New York Times, à répondre à son "gonflement organisationnel", après une campagne de recrutement considérable organisée pour renforcer ses moyens en matière d'IA. Selon une note envoyée par le directeur général de l'IA chez Meta, Alexandr Wang, ces suppressions d'emploi feront que "moins de discussions seront nécessaires pour prendre des décisions". Ce que les cadres du groupe appellent en interne une "restructuration visant l’agilité".

Réorganisation plus que licenciement

Selon le Wall Street Journal, beaucoup des employés touchés par cette mesure pourraient rester chez Meta en changeant de poste. Car, il n'est en aucun cas question pour Meta d'abandonner la course à l'IA. Ces licenciements vont, a priori, se concentrer sur trois des quatre structures dédiées à l'IA. Soit, essentiellement, FAIR, Fundamental AI Research, l'unité originellement dirigée par Yann Le Cun, Products & Applied Research et MSL Infrastructure.

Mais, comme l'indiquait Axios, à l'origine de l'information, Meta continue à embaucher pour sa nouvelle structure TBD Lab, qui se penche essentiellement sur l'entraînement des modèles à raisonnement et leur montée en puissance.

Or, pour garnir les rangs de TBD Lab, Meta a débauché des pointures du domaine de l'intelligence artificielle ces derniers mois, à coup de millions de dollars et d'actions. Aussi, bon nombre des salariés concernés vont-ils être redirigés vers une autre unité.

Accélérer vers la superintelligence

Meta investit massivement dans l'IA, au point que Mark Zuckerberg déclare ouvertement qu'il est prêt à "gaspiller quelques centaines de milliards de dollars" si cela signifie rester dans cette course à l'innovation. Il souhaite regagner du terrain face à ses concurrents dans la course à la "superintelligence", technologie hypothétique aux capacités cognitives supérieures à celles des humains, graal de la Silicon Valley californienne. Cette réorganisation doit aider à aller plus vite vers cette IA plus intelligente que l'homme, même si elle inquiète. A en croire Alexandr Wang, les troupes de Meta sont sur la bonne voie. Il écrivait ainsi dans sa note: "Je suis vraiment enthousiaste à propos des modèles que nous entraînons, de nos plans de calcul et des produits que nous construisons, et j’ai confiance en nos choix pour avancer vers la superintelligence."

Mi-septembre, Meta a dévoilé des lunettes connectées intégrant un écran dans les verres et des fonctions IA étendues, poursuivant son pari sur la fusion entre monde réel et virtuel.

Le groupe avait annoncé en août le lancement en Californie d'un organisme destiné à financer les candidats locaux favorables à une régulation moins stricte de l'IA face à la concurrence chinoise. Sous le ciel de Californie, deux tendances semblent vouloir s'opposer, l'une qui veut avancer avec davantage de prudence, et l'autre qui veut y aller pied au plancher.