Meta débauche un ingénieur star d'Apple Intelligence et lui propose 200 millions de dollars

Chez Meta (Facebook, Instagram, Whatsapp), tous les moyens sont bons pour débaucher la crème de la crème des ingénieurs. Comme le rapporte Bloomberg, l'entreprise de Mark Zuckerberg a proposé plus de 200 millions de dollars à Ruoming Pang, ingénieur chez Apple, pour qu'il rejoigne sa nouvelle division Meta Superintelligence Labs.
Du côté de Cupertino, Pang dirigeait l'équipe dédiée aux modèles d'intelligence artificielle, les "Foundation Models". Il travaillait notamment sur les fonctionnalités phares d'Apple Intelligence, comme les résumés de mails, les notifications prioritaires ou les Genmoji. Pour un très gros chèque, et une somme répartie sur plusieurs années selon des sources proches du dossier, il va donc délaisser un Apple Intelligence en difficulté pour un Meta AI avec le vent en poupe.
Un revers pour Apple?
Les 200 millions de dollars promis se ventilent en trois volets: un salaire de base, une prime à la signature ainsi que des actions Meta, qui constituent la plus grosse partie du montant.
Une somme qui dépasse largement les rémunérations de la grande majorité des dirigeants de la firme de Cupertino. Fait étonnant, selon Bloomberg, Apple n'aurait même pas tenté de s'aligner pour retenir son grand manitou de l'IA, alors qu'elle en a largement les moyens.
Un choix qui interroge alors que l'entreprise semble avoir un train de retard dans la course à l'IA. En effet, en raison de conflits en interne, Apple a dû suspendre ou retarder certains éléments du déploiement d'Apple Intelligence, dont la refonte de Siri, annoncée en juin 2024. L'assistant vocal ne sera finalement livré qu'en 2026. En juin dernier, lors de la WWDC, l'IA semblait même jouer un rôle secondaire.
Pourtant en début d'année, la firme a discrètement racheté plusieurs startups spécialisées en IA. Parmi elles, WhyLabs, qui travaille à rendre les IA plus fiables et à éviter les "hallucinations". La jeune pousse permet de détecter en temps réel les comportements inattendus, les erreurs ou les dérives des IA génératives, un point crucial pour maintenir la confiance des utilisateurs.
Un signe qu'Apple n'a pas abandonné le déploiement de l'intelligence artificielle, mais cherche plutôt à prendre une nouvelle orientation stratégique en misant sur des entreprises externes. Tim Cook et les siens commenceraient même à étudier l'idée d'un rachat de Perplexity, connue pour son moteur de recherche IA et son assistant qui s'intègre bien aux iPhone, selon Bloomberg. Car comme l'a rappelé Cook en octobre dernier: "Apple n'a pas besoin d'être la première en matière d'IA, mais la meilleure."
Meta recrute les stars de l'IA
De son côté, Meta met les bouchées doubles pour devenir un acteur majeur du secteur. Car l'ancien ingénieur d'Apple n'est pas le seul à s'être vu offrir un salaire mirobolant pour rejoindre les rangs de l'entité qui chapeaute l'ensemble des travaux d’intelligence artificielle de l’entreprise.
La semaine dernière, Meta a ainsi recruté 11 nouveaux talents, en promettant des primes conséquentes. Parmi ces nouveaux arrivés, Alexandr Wang, directeur général de Scale AI (49% du capital de l'entreprise a été acquis par Meta, NDLR), plusieurs concepteurs des dernières versions de ChatGPT, ou encore Natf Friedman, un ancien de chez GitHub.
Sam Altman, directeur général d'OpenAI, a affirmé que Meta avait offert une prime individuelle à la signature de plus de 100 millions de dollars à "beaucoup" d'employés d'OpenAI, accompagnée d'un salaire important. Mais dans les faits, seules quelques personnes occupant des postes de direction très élevés se sont vues proposer une telle somme. Une grande partie est également liée à des objectifs de performances.
