Répression en Iran: la télévision d'Etat piratée pour diffuser des messages pro-manifestants et appeler à l'insurrection de la police

Si internet est toujours coupé en Iran, la répression, elle, s'intensifie pour faire taire le soulèvement en cours dans plusieurs villes de la République islamique. Mais des pirates ont réussi à s'en prendre à la télévision publique, qui a brièvement été interrompue pour diffuser des messages en faveur du soulèvement.
Repéré par l'Associated Press, ce piratage a permis de diffuser des messages de soutien au prince exilé du pays, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran, mais également des vidéos montrant de supposés policiers ayant fait défection. Si aucune preuve n'est apportée, ils affirment que d'autres membres des autorités ont "déposé les armes et prêté un serment d'allégeance au peuple".
Une guerre informationnelle
Dans le bandeau affiché à l'écran, une inscription appelant "l'armée et les forces de sécurité" à "ne pas pointer les armes sur les gens" et à "rejoindre la nation pour la liberté de l'Iran".
L'agence de presse Fars, proche des Gardiens de la Révolution - l'unique parti au pouvoir - a confirmé que des perturbations "venant d'une source inconnue" étaient en cours dans "certaines zones du pays". La guerre informationnelle est une tactique habituelle des opposants au régime iranien. Déjà en 2022, lors d'un précédent soulèvement avorté, la télévision avait été piratée pour appeler à la mort du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.
Ce piratage intervient peu de temps après la confirmation de la mort de plus de 3.400 manifestants - appelés "terroristes" par le régime - de la part des autorités. Internet et le réseau mobile sont également toujours coupés, même si les opposants arrivent à trouver des moyens pour continuer à diffuser des vidéos des manifestations et des exactions commises sur les réseaux sociaux.
Parmi les techniques les plus courantes, il y a notamment l'utilisation de cartes sim étrangères aux abords de l'Iran, mais Starlink est aussi mis à l'épreuve. Le réseau de satellites d'Elon Musk reste toutefois largement ciblé par les autorités iraniennes qui disposent de technologies de pointe pour "éteindre" un signal sur un rayon de plus de dix kilomètres.
Si Donald Trump se dit déterminé à agir dans le cas où l'Iran dépasse la ligne rouge qu'il a tracé - l'exécution des opposants - le forum économique mondial de Davos a quant à lui annulé l'intervention prévue du ministre iranien des Affaires étrangères, la jugeant "inappropriée" en ces temps de "pertes tragiques de vies civiles".
