Les défenseurs du patrimoine ne veulent plus de la grande roue place de la Concorde

La grande roue de la place de la Concorde a terminé sa saison. Après un peu plus de six mois sur place, le forain Marcel Campion remballe, sa grande roue va être démontée à partir de ce mardi. L'opération va se dérouler avec plusieurs jours de retard, en raison de l'investiture d'Emmanuel Macron et de la visite du CIO qui nécessitaient de ne pas encombrer les lieux.
Mais le propriétaire de l'attraction a bien l'intention de réinstaller sa grande roue à l'automne, en vertu d'une convention signée avec la mairie l'autorisant à occuper cet espace pour une durée de six mois par an. Mais les défenseurs du patrimoine en espèrent autrement. Depuis plusieurs mois, l'association Sites et Monuments a fait de la grande roue l'une de ses batailles. Ses membres ne veulent pas voir les 70 mètres d'acier de la grande roue revenir en novembre.
"S'il y a un endroit où elle ne doit pas être dans Paris, c'est bien cet endroit-là. On est sur le grand axe parisien qui est l'une des spécificités urbaines de Paris et qu'on vient voir du monde entier, cet axe qui part du Palais du Louvre et qui va jusqu'à La Défense. C'est comme un rideau de fer qui vient s'intercaler dans cet axe merveilleux", résume Julien Lacaze, vice-président de l'association.
"Il faudrait qu'elle soit une plus-value pour un quartier"
Fréquemment attaqué sur sa roue, Marcel Campion insiste sur la "belle image pour Paris" véhiculée par son attraction. Un argument rejeté par l'association Sites et Monuments, pour qui la grande roue ne constitue en rien un facteur d'attrait touristique puisque l'emplacement situé entre le jardin des Tuileries et les Champs-Elysées est déjà naturellement fréquenté.
"On n'a rien contre la grande roue, c'est vraiment sa localisation. On constate qu'elle profite d'un d'un flux touristique et qu'elle ne génère pas un flux touristique. Il faudrait qu'elle soit une plus-value pour un quartier qui n'a pas, par exemple, d'attrait touristique", poursuit Julien Lacaze.
S'il explique que son association n'a rien contre Marcel Campion, quelqu'un qu'il qualifie de "très sympathique", il dénonce "l'emprise" de la grande roue et de ses installations commerciales sous forme de chalets disposées tout autour.
"On a fait constater ça par un huissier. En principe, il doit y avoir 651m2 au sol et il y en a le double, il y a 1.100 m2, tout ça pour la même redevance", s'indigne ce défenseur du patrimoine.
Marcel Campion face à la justice
Il estime en revanche qu'il ne revient pas à son organisation de suggérer un autre lieu et une autre installation pour la grande roue. Cette tâche incombe selon lui à la mairie de Paris qui a son rôle à jouer dans la préservation du patrimoine.
L'association s'était déjà émue du choix de la municipalité de remplacer une partie des kiosques haussmanniens conçus par Gabriel Davioud, par des équipements plus modernes. Julien Lacaze insiste sur "toutes ces petites choses qui font l'intérêt et l'image de Paris" et qu'il faut "conserver".
Outre les défenseurs du patrimoine, Marcel Campion doit aussi faire face à la justice. Convoqué le 31 mai par le juge Renaud Van Ruymbeke, il pourrait être mis en examen pour recel de favoritisme et recel de biens sociaux.












