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Covid-19: aux États-Unis, la situation s'améliore mais reste bien fragile

BFM Hugo Septier , Journaliste BFMTV
Une patiente se fait vacciner aux Etats-Unis - Image d'illustration

Une patiente se fait vacciner aux Etats-Unis - Image d'illustration - Frederic J. BROWN © 2019 AFP

Grâce à une vaccination efficace, les États-Unis semblent sortir peu à peu de la crise. Une situation favorable qui pourrait être mise à mal par les décisions politiques de certains Etats.

La situation sanitaire aux États-Unis s'améliore tout doucement, bien qu'elle reste, par endroits, assez alarmante. Ce jeudi, pour la première fois depuis octobre dernier, moins de 40.000 cas quotidiens ont été rapportés outre-Atlantique, un chiffre bien éloigné de celui du 8 janvier, où un pic de 300.000 contaminations en 24 heures avait été enregistré.

En outre, autres signes encourageants, les moyennes hebdomadaires des morts et des hospitalisations sont elles aussi nettement en baisse dans ce pays qui reste le plus touché par la pandémie en valeur absolue, avec plus de 520.000 morts depuis le début de la pandémie.

La vaccination bat son plein

Cette reprise en main de l'épidémie aux États-Unis s'explique en grande partie par la campagne de vaccination, débutée en décembre, et qui bat aujourd'hui son plein. Dans le pays, trois sérums sont aujourd'hui disponibles puisqu'en plus des produits de Pfizer BioNTech et de Moderna, le vaccin unidose développé par Johnson & Johnson est désormais autorisé.

"Nous sommes partis pour avoir suffisamment de vaccins disponibles pour tous les adultes en Amérique d'ici la fin du mois de mai", avait déclaré début février le président démocrate Joe Biden, qui avait également évoqué un "progrès important" depuis le début de la vaccination. Dans certains Etats comme le Mississippi, la vaccination s'ouvre désormais aux patients moins âgés, souligne le média WMC.

Pour l'heure, ce sont 78 millions de doses, soit un peu plus de 15% de la population, qui ont été administrées et le nombre de personnes vaccinées s'apprête à dépasser celui des cas recensés dans le pays depuis le début de la pandémie. Comme le rapportait Ouest-France ces derniers jours, Joe Biden s'était également félicité d'un accord entre les géants pharmaceutiques Merck et Johnson & Johnson afin de multiplier les doses pour le pays. Ce dernier avait salué cette collaboration, qui selon lui rappelle celle vue "durant la Seconde Guerre mondiale".

De plus, afin de vacciner un plus grand nombre d'Américains, le nouvel homme fort de la Maison Blanche avait annoncé que les centres de production des vaccins Johnson & Johnson fonctionneraient désormais "24 heures sur 24 et sept jours sur sept".

Masque plus obligatoire dans certains Etats

Si la situation semble s'améliorer, les efforts consentis ces derniers mois pourraient bien être anéantis par les décisions de certains. En effet, plusieurs Etats ont fait part de leur volonté d'abandonner les mesures les plus coercitives à l'annonce de ces données encourageantes.

C'est le cas au Texas - où de nombreux manifestants avaient fait montre de leur désaccord face aux mesures coercitives dès les premières semaines de la pandémie - qui a annoncé l'abandon du port du masque obligatoire dès le 10 mars, apprend-on dans le Texas Tribune.

A cette date-là, Greg Abbott, le gouverneur républicain de cet Etat a également assuré que certains commerces devraient rouvrir. Ces décisions se basent selon lui sur un territoire "en bien meilleure position" qu'en octobre passé.

"Il est maintenant temps d’ouvrir le Texas à 100%. [...] Grâce aux avancées médicales des vaccins et des traitements aux anticorps, le Texas a désormais les moyens de protéger les Texans du virus", a-t-il dit lors d'une visite dans un restaurant de Lubbock, dans le nord-ouest de l’État.

Même topo dans l'Etat du Mississippi, qui a également annoncé le redémarrage de son économie et l'abandon du masque imposé à ses citoyens. "Il est temps!", a écrit sur Twitter le gouverneur de cet Etat du Sud-est américain, le Républicain Tate Reeves.

"Raisonnement néandertalien"

Ces décisions, pour le moment isolées, inquiètent les autorités, qui redoutent un effet "tache d'huile". La directrice des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Rochelle Walensky, a avoué être "très inquiète des informations selon lesquelles de plus en plus d'États lèvent précisément les mesures que nous avons recommandées pour protéger les gens".

Ces dernières heures, c'est le président Joe Biden lui-même qui a souligné sa consternation face à cette situation et a évoqué "une grande erreur".

"La dernière chose dont nous avons besoin est un raisonnement néandertalien qui affirme que tout va bien actuellement: 'retirez vos masques', 'oubliez tout ça'", a-t-il critiqué, assurant que "ce n'est pas le moment de lever toutes les restrictions".