BFM
Alerte info

L'Assemblée nationale adopte une loi visant à nationaliser ArcelorMittal

BFM Lucie Valais avec AFP
Un employé porte un casque comportant le logo d'ArcelorMittal, à Fos-sur-mer, le 22 février 2023

Un employé porte un casque comportant le logo d'ArcelorMittal, à Fos-sur-mer, le 22 février 2023 - Christophe SIMON © 2019 AFP

La proposition de loi déposée par LFI pour nationaliser ArcelorMittal a été adoptée à l'Assemblée nationale, ce jeudi 27 novembre.

La France insoumise se félicite d'une victoire pour "les salarié·es, pour la souveraineté industrielle de la France, et pour la bifurcation écologique!". L'Assemblée nationale adopte une loi visant à nationaliser ArcelorMittal, ce jeudi 27 novembre, contre l'avis du gouvernement qui argue que la bataille se joue à Bruxelles.

Cette proposition de loi avait été déposée par LFI. "Cette nuit, une page d'histoire à l'Assemblée nationale. ArcelorMittal est nationalisé! Pour la 1ère fois depuis 1982, une nationalisation en France. LFI et la CGT du Nord ont mené la main dans la main le combat décisif. Modèle de jonction dans la lutte d'une convergence", s'est félicité Jean-Luc Mélenchon sur X à l'issue du vote.

Les députés de l'Assemblée nationale - à moitié pleine - a voté pour cette proposition de loi à 125 contre 41 contre. L'avenir du texte, voté avec le soutien des groupes de gauche et l'abstention du RN, est toutefois incertain car il devra désormais aller au Sénat, dominé par la droite et le centre, où il lui sera difficile d'être adopté.

"Unique solution"

Dans leur proposition de loi, les Insoumis considèrent la nationalisation comme "l'unique solution" pour sauver la filière et ses 15.000 emplois directs, a répété à la tribune Aurélie Trouvé, rapporteure du texte.

Objectif: contrer le plan social annoncé en avril et relancer la décarbonation des hauts-fourneaux, faute de quoi l'acier français deviendrait non rentable dès 2030, alors qu'il "faut quatre ans" pour construire et faire tourner les fours électriques, a-t-elle argué.

Le gouvernement s'est dit au contraire défavorable, le ministre de l'Industrie Sébastien Martin a averti qu'elle "fragiliserait l'emploi au lieu de le protéger", estimant que la menace vient plutôt d'un "tsunami" d'acier asiatique qui "inonde nos marchés à prix cassés".

Pour lui, la réponse se trouve "à Bruxelles, pas dans un décret de nationalisation", rappelant que la France a obtenu un plan d'urgence européen: au-delà d'un certain volume d'importations, des droits de douane de 50% seront appliqués pour freiner la concurrence chinoise, une mesure que Paris veut rendre effective dès 2026.