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Rachida Dati renvoyée en procès: François Bayrou appelle au "respect de l'institution judiciaire"

BFM I.H avec AFP
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Après l'annonce de son renvoi en procès, Rachida Dati avait dénoncé une "procédure émaillée d'incidents" la concernant, et vilipendé des magistrats qui "marchent" sur les droits de la défense.

Le Premier ministre François Bayrou a appelé ce jeudi 24 juillet au "respect de l'institution judicaire", qui "est pour nous tous un devoir d'État", réagissant à la virulente charge de la ministre de la Culture contre les magistrats qui ont ordonné qu'elle soit jugée notamment pour "corruption".

"Le respect de l'institution judiciaire est très important (...) et le maintien de ce respect est pour nous tous un devoir d'État", a déclaré le Premier ministre en marge d'un déplacement à Angers.

Mardi, Rachida Dati avait dénoncé une "procédure émaillée d'incidents" la concernant, et avait dénigré des magistrats qui "marchent" sur les droits de la défense et perpétueraient des "atteintes graves" contre ces derniers.

Sa déclaration intervient après l'annonce mardi de son renvoi en procès, aux côtés de l'ex-patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn.

"Des magistrats qui refusent de faire leur travail"

Elle sera jugée pour "recel d'abus de pouvoir et d'abus de confiance", "corruption" et "trafic d'influence passifs par personne investie d'un mandat électif public au sein d'une organisation internationale".

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"J'accable des magistrats qui refusent de faire leur travail selon le code de procédure", a-t-elle affirmé sur le plateau de LCI, déclarant également qu"elle ne "renoncerait sur rien", ni à son poste de ministre, ni à ses ambitions pour la mairie de Paris.

"Il y a un problème avec la justice", a également estimé celle qui est avocate de profession et fut Garde des sceaux.

"L'opprobre jetée publiquement sur des magistrats"

En réaction aux propos de la ministre, le président du tribunal judiciaire de Paris a dénoncé "l'opprobre jetée publiquement sur des magistrats".

Rachida Dati est soupçonnée d'avoir perçu 900.000 euros entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil actées dans une convention d'honoraires signée le 28 octobre 2009 avec RNBV, filiale de l'alliance Renault-Nissan, mais sans avoir réellement travaillé, alors qu'elle était avocate et députée européenne (2009-2019).

Elle vise la mairie de Paris et envisage de se présenter à la législative partielle de la 2e circonscription de Paris.

François Bayrou avait lui-même quitté le ministère de la Justice en 2017 dans l'affaire des assistants d'eurodéputés.