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Motions de censure: Sébastien Lecornu fustige des "postures cyniques partisanes" qui "retardent les discussions budgétaires"

BFM B.F avec AFP
Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 5 janvier 2026 à l'Elysée

Le Premier ministre Sébastien Lecornu le 5 janvier 2026 à l'Elysée - QUENTIN DE GROEVE/HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

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Le Premier ministre estime que les motions de censure annoncées par le RN et LFI "retard(ent) encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d'agenda électoral, et envoie un très mauvais signal à l'étranger".

Sébastien Lecornu a fustigé ce vendredi 9 janvier dans les motions de censure promises par le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) sur le traité UE-Mercosur des "postures cyniques partisanes" qui "retardent les discussions budgétaires".

"La France a une position claire sur le Mercosur: nous voterons contre, sans surprise" et "mérite mieux que ces postures cyniques partisanes", a écrit sur le réseau X le Premier ministre. Avant d'accuser ces formations politiques de "choisir délibérément d'afficher des désaccords politiciens internes" et "d'affaiblir la voix de la France".

"Très mauvais signal"

Ces motions "retard(ent) encore les discussions budgétaires, déjà bloquées par les mêmes partis politiques sur fond d'agenda électoral, et envoie un très mauvais signal à l'étranger", ajoute Sébastien Lecornu.

Vendredi matin, La France insoumise a déposé une motion de censure pour protester contre le "piétinement" de la souveraineté populaire et du droit international tant concernant l'accord de libre-échange avec le Mercosur que le Venezuela.

"La France humiliée à Bruxelles mais aussi à Washington, voilà le bilan désastreux" d'Emmanuel Macron, estiment les signataires de cette motion, déposée de manière spontanée en vertu de l'article 49.2 de la Constitution et annoncée par la cheffe des députés LFI Mathilde Panot sur X.

Malgré le "non" d'Emmanuel Macron au Mercosur, LFI accuse le président d'avoir "laissé ouverte la porte de la capitulation de notre pays face à la Commission européenne" avec cet accord, voyant dans ses tentatives d'obtenir des contreparties des "artifices".

Des motions de censure vouées à l'échec?

Le Rassemblement national a également annoncé jeudi son intention de déposer une motion de censure sur le Mercosur.

Son président Jordan Bardella a estimé que ce "non" était "une manoeuvre de communication aussi tardive qu'hypocrite, "une mise en scène", et donc "une trahison des agriculteurs".

Ces deux motions de censure n'ont cependant que peu de chances d'aboutir.

Certes le patron des Républicains Bruno Retailleau avait lui aussi fait planer le "risque d'une censure" mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte.

Quant au PS, c'est éventuellement sur le budget, en cas d'une "mauvaise copie" soumise à un 49.3 qu'il pourrait se joindre à une censure selon son Premier secrétaire Olivier Faure.

Faute d'avoir réussi à bloquer le traité avec le Mercosur au niveau des États membres de l'UE, l'exécutif français mise maintenant sur le Parlement européen en espérant qu'une majorité d'eurodéputés votent contre la ratification de l'accord ou décident de saisir la Cour européenne de justice, ce qui retarderait le processus de quelques mois.