Emmanuel Macron estime que les motions de censure "sont des motions de dissolution"

Discret sur la crise politique mais des messages à faire passer. Avant le discours de politique générale de Sébastien Lecornu qui devrait dévoiler s'il compte ou non suspendre la réforme des retraites ce 14 octobre, Emmanuel Macron menace d'une nouvelle dissolution.
Les motions de censure qui ont été déposées contre le gouvernement sont "des motions de dissolution et doivent être vues comme telles", a averti le chef de l'État en conseil des ministres, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
Une censure bien possible
Deux textes visant à faire tomber le Premier ministre ont déjà été déposés par La France insoumise et le Rassemblement national et seront débattus jeudi matin à l'Assemblée. Le parti socialiste pourrait lui aussi entrer dans la danse si les troupes d'Olivier Faure décidaient de censurer le Premier ministre.
Si le scénario d'une chute de Sébastien Lecornu se réalisait, le président fait donc comprendre qu'il ne lui nommerait pas un successeur mais qu'il appuierait sur le bouton de la dissolution.
Le renversement du gouvernement n'a rien d'improbable. En cas de motion de censure adoptée par le RN, LFI, les écologistes et les communistes, il suffirait de 24 députés PS pour y mettre fin. La situation semble tellement probable que des imprimeurs se préparent déjà tout comme les maires, en charge d'organiser les élections.
"Fatigués du fracas"
Pour l'instant, les socialistes réservent leur position et attendent de voir exactement ce que va mettre sur la table le Premier ministre, tout particulièrement sur la question de la suspension de la réforme des retraites, condition essentielle pour eux pour ne pas censurer Sébastien Lecornu.
"Les désaccords sont estimables, mais ils ne sont acceptables que si des compromis sont possibles", a encore ajouté en conseil des ministres le chef de l'État qui a appelé à "la stabilité institutionnelle", estimant que les Français "sont fatigués du fracas" politique.
Le message présidentiel passé ce mardi matin devant les ministres cherche également à balayer l'idée de toute démission de sa part. L'ex-Premier ministre Édouard Philippe a appelé la semaine dernière à une "présidentielle anticipée".
"Ne pas faire n'importe quoi"
Plusieurs figures des LR partagent également cet avis à l'instar de la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse et du maire de Cannes David Lisnard.
De son côté, Sébastien Lecornu a assuré en conseil des ministres que le gouvernement était "capable de bouger" mais qu'il "ne fera pas n'importe quoi", a encore expliqué la porte-parole du gouvernement.
Suffisant pour lui permettre de faire passer le budget de l'État et de la sécurité sociale et de tenir quelques mois à Matignon? Impossible à dire avant la prise de parole du Premier ministre. Ni Emmanuel Macron ni le Premier ministre n'ont fait explicitement allusion à l'Élysée ce mardi matin à la réforme des retraites, selon Maud Brégeon.












