Municipales 2026: de plus en plus de maires jettent l'éponge, la région Auvergne-Rhône-Alpes particulièrement concernée

À quelques mois des élections municipales, la fonction de maire a rarement aussi peu attiré les citoyens. Au-delà des difficultés à trouver des habitants pour constituer une liste, les maires élus ont également tendance à fuir leur fonction d'élu: le nombre moyen d'édiles démissionnaires en une année a quadruplé depuis 2008.
Ainsi, selon une étude du Cevipo/Sciences Po réalisée en juin 2025, 2.200 maires ont renoncé à leurs fonctions depuis les dernières élections municipales, en 2020, soit près de 6% d'entre eux.
Les petites communes particulièrement touchées
Les communes de moins de 500 habitants, où les maires doivent gérer de nombreux enjeux locaux avec des moyens limités, sont les plus concernées par le phénomène. Mais la hausse des démissions la plus marquée s'établit au sein des villes de 1.000 à 3.500 habitants.
D'autres maires font le choix de ne pas démissionner, mais également de ne pas se représenter. C'est le cas de Thomas Duperrier, maire de Frontenas (Rhône) depuis 2014, qui ne sera pas candidat à sa réélection.
Père de famille et directeur d'une résidence pour personnes âgées, il confie à BFM Lyon avoir la "tête qui a tendance a exploser à des moments", face à "beaucoup d'informations à traiter" et "beaucoup d'échéances".
Dans les alentours de Lyon, d'autres maires ont pris la décision de libérer leur fauteuil en 2026, comme à Fontaines-sur-Saône, Pusignan ou Saint-Bonnet-de-Mure.
Des motifs variés
Ce choix résulte de motifs variés et peut être la conséquence de péripéties politiques (non-cumul des mandats, passation de pouvoir anticipée...) ou de problèmes de santé. Mais elles sont parfois dues à des causes plus complexes: tensions au sein du conseil municipal, fatigue, menaces...
La principale source du "stress des maires" est "la complexité administrative" selon Cédric Szabo, le directeur général de l'Association des maires ruraux de France. Ce dernier évoque également une difficulté qui touche les actifs: la difficile superposition d'un mandat d'élu et d'une activité professionnelle.
En Auvergne-Rhône-Alpes, l'Isère est particulièrement touchée par le phénomène, avec une "fréquence de démission" qui est "en moyenne deux fois plus importante que celle observée" dans dix autres départements eux aussi concernés. La situation est également jugée préoccupante dans l'Ain.
Afin d'endiguer cette tendance, l'Assemblée nationale a adopté un texte ce lundi 8 décembre, qui vise à améliorer les conditions de travail des élus, à travers notamment une meilleure rémunération.












