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Concert de louanges après la mort de Christophe de Margerie

BFM A. K. et N.G.
Christophe de Margerie faisait "l'unanimité" assure l'ex-patron d'EDF, Pierre Gadonneix.

Christophe de Margerie faisait "l'unanimité" assure l'ex-patron d'EDF, Pierre Gadonneix. - Robert François - AFP

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Les membres du gouvernement et des figures de l'opposition, des grands patrons et d'anciens dirigeants ont déploré la mort du PDG de Total ce mardi.  Ils ont loué ses compétences professionnelles et ses qualités humaines. 

"Un grand capitaine d'industrie", "un patriote"… Les éloges pleuvent mardi, après l'annonce de la mort de Christophe de Margerie, patron de Total, dans un accident d'avion à Moscou. Il avait 63 ans. Ce 21 octobre, les grandes figures de la politique ou des affaires lui rendent hommage. 

Il avait "un vrai tempérament"

Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, a rencontré Christophe de Margerie en 2007. "Il avait des qualités humaines incontestables, et était en outre un grand dirigeant d'entreprise, courageux, qui savait défendre des positions parfois difficiles, sur le gaz de schiste où sur la fiscalité", relate l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde. "Pour être un grand dirigeant d'entreprise, il ne suffit pas d'être humain et gentil. Il faut avoir une vision et un vrai tempérament, ce qu'il avait".

"Total était sa 2e famille" 

"Christophe était un personnage unique en son genre, pour sa cousine, et épouse de Jean-Pierre Jouyet: Brigitte Taittinger-Jouyet. Elle décrit un homme "absolument pas langue de bois. Il disait les choses et n'avait peur de personne. Il était dans le monde des affaires comme dans la vie. Il était extrêmement sensible, il adorait la nature humaine, il adorait communiquer avec des gens très différents, et c'était quelqu'un d'extrêmement simple. Tout ce qu'il aimait dans la vie, c'était passer l'été à Granville avec sa femme Bernadette, ses enfants et ses petits-enfants. Mais Total était vraiment sa deuxième famille". 

Il aimait convaincre et être convaincu

"Je le connaissais depuis plus de 20 ans. Ce n'était pas qu'un grand patron mais aussi un ami", rapporte Louis Schweitzer, président d'honneur de Renault. Quant à l'image du grand patron, "un type policé, un peu orgueilleux, qui n'écoute pas beaucoup, il était tout le contraire: il était d'une vitalité débordante, son apparence tranchait avec celle des autres grands patrons, il parlait haut et fort mais il écoutait vraiment. Souvent, les gens à son niveau ne savent pas écouter. Christophe aimait débattre, il aimait discuter, convaincre, mais aussi être convaincu". 

Un "visionnaire", pour Sarkozy 

"C'est un homme que je connaissais bien, un grand capitaine d'industrie français, un homme visionnaire et un homme qui avait des valeurs humaines très profondes. C'est une grande perte pour nous", a réagi Nicolas Sarkozy.

La mort de Christophe de Margerie "m'a beaucoup touché car c'est un homme que j'appréciais et que je voyais toujours avec grand plaisir, a-t-il ajouté. Je présente mes condoléances à la famille, à ses amis, à ses collaborateurs".

"Big moustach" n'était jamais cassant

"Il avait un humour incroyable, un peu britannique, comme son physique avec sa 'big moustach'", raconte Alain Brion, ancien directeur général de Total. C'est lui qui a recruté Christophe de Margerie en 1974. "Il donnait l'impression d'être un colonel de l'armée des Indes, avec ses cheveux blonds roux, son teint pâle et cette moustache".

Au-delà des apparences, "il pouvait négocier avec n'importe qui dans le monde". Il savait s'adapter à ses interlocuteurs, qu'il s'agisse des "plus grandes banques mondiales, des émirs et des ministres du pétrole du Moyen-Orient, ou des Russes. Il n'était jamais cassant, il n'essayait jamais d'intimider ses interlocuteurs, et on avait envie d'aboutir à un accord avec lui". 

"Tout son temps pour discuter"

Pierre Gadonneix, l'ancien patron d'EDF, a décrit "un garçon qui faisait l'unanimité par sa sympathie, sa chaleur humaine, sa convivialité. Quand vous étiez avec lui, il vous faisait sentir que vous étiez la personne la plus importante pour lui, qu'il avait tout son temps pour discuter avec vous".

Ce don pour les relations personnelles, raconte Pierre Gadonneix, s'exerçait "à l'intérieur du groupe, en France, et surtout à l'international, où il était très connu". Une caractéristique qu'il va falloir "reconstituer", selon l'ex-dirigeant d'EDF. 

Un "vrai ami" pour la Russie

Vladimir Poutine a déploré la perte d'un "vrai ami" de la Russie, "un homme d'affaires à l'origine de plusieurs coopérations fructueuses entre nos deux pays pour des années". Le président russe, son Premier ministre Dmitri Medvedev, "et beaucoup d'autres dirigeants russes connaissaient personnellement Christophe de Margerie", explique Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France.

"Ils appréciaient l'homme, ses qualités humaines, sa fidélité. C'est un très grand homme d'affaires qui a disparu". Les Russes l'admiraient d'autant plus qu'il venait régulièrement dans le pays où son groupe a investi "des milliards et des milliards", souligne l'ambassadeur, et qu'au mois de mai encore, à Saint Pétersbourg, "il s'est prononcé ouvertement contre les sanctions. C'était un homme de conviction qui pensait que la politique et les affaires ne doivent pas se mêler".

Valls fait part de sa "profonde tristesse"

Manuel Valls, le Premier ministre, a salué dans un communiqué de Matignon "un dirigeant d'entreprise hors du commun, qui a su transformer Total pour en faire un géant mondial", ainsi qu'"un grand capitaine d'industrie et un patriote".

A titre personnel, il dit avoir perdu "un ami" et fait part de sa "profonde tristesse". Christophe de Margerie "avait notamment préparé l'avenir de l'entreprise, en l'orientant vers les énergies du futur", relève Manuel Valls.

"Aujourd'hui, les dizaines de milliers d'employés de Total sont orphelins de leur président qui incarnait l'esprit et le goût d'entreprendre. Il avait aussi ce panache, cette volonté d'aller de l'avant, un humour si français et une finesse d'esprit qui en faisait un homme unanimement apprécié", salue encore le Premier ministre.

Hollande loue sa "personnalité originale"

"La France perd un grand capitaine d'industrie et un patriote. Manuel Valls perd un ami. Il adresse à son épouse, à ses enfants et à sa famille, qui sont dans la douleur, ses plus sincères condoléances", termine le chef du gouvernement.

François Hollande a lui aussi exprimé sa "tristesse" après la mort de Christophe de Margerie. "Il avait consacré sa vie à l'industrie française et au développement du groupe Total. Il l'avait hissé au rang des toutes premières entreprises mondiales. Christophe de Margerie défendait avec talent l'excellence et la réussite de la technologie française à l'étranger. "François Hollande avait apprécié en Christophe de Margerie son caractère indépendant, sa personnalité originale et son attachement à son pays", poursuit l'Elysée dans son communiqué.

Macron: "pas d'inquiétude pour l'avenir de Total"

De son côté, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a lui également salué la mémoire du patron de Total, évoquant "un choc pour nous tous". "Je le connaissais personnellement, c'était un grand dirigeant (...) Aujourd'hui, tous les cadres de Total sont en deuil et je pense à eux".

Le ministre a tenu à rassurer les salariés de l'entreprise: "il n'y a pas d'inquiétude à avoir pour l'avenir de Total", a-t-il indiqué sur BFMTV. "C'est une entreprise forte et dans les mérites de Christophe de Margerie, il y avait l'organisation (...) C'était un grand dirigeant, et il a construit l'entreprise pour qu'elle aille au-delà de lui-même."